VIDEO. Etats-Unis : provocateur, Donald Trump appelle la Chine à enquêter sur Joe Biden

Le président américain est déjà sous la menace d'une destitution, précisément pour avoir demandé à son homologue ukrainien de l'aider à rassembler des informations compromettantes sur son potentiel adversaire à l'élection de 2020.

Le président américain Donald Trump, le 3 octobre 2019 à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis).
Le président américain Donald Trump, le 3 octobre 2019 à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis). (JIM WATSON / AFP)

Donald Trump joue au pompier pyromane. Visé par une procédure explosive de destitution pour avoir demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son probable rival démocrate Joe Biden, le président américain a franchi un nouveau cap dans la provocation, jeudi 3 octobre, en réclamant ouvertement à la Chine d'en faire de même.

S'exprimant face à la presse avant de quitter la Maison Blanche pour un voyage en Floride, Donald Trump a de nouveau martelé que son échange avec Volodymyr Zelensky, au cours duquel il a effectué sa requête controversée, était "parfait". Avant de déclarer qu'il pourrait "assurément" formuler la même demande auprès du président chinois. "La Chine devrait lancer une enquête sur les Biden parce que ce qui s'est passé en Chine est tout aussi grave que ce qui s'est passé en Ukraine", a-t-il insisté.

Donald Trump fait référence sans le nommer au fils de Joe Biden, Hunter Biden, avocat et financier, qui a siégé au comité de surveillance d'un groupe gazier ukrainien et a investi en Chine quand son père était vice-président de Barack Obama. Il a ensuite défendu avoir "le droit absolu, peut-être même le devoir" d'enquêter sur la corruption, quitte à "demander ou proposer à d'autres pays de nous aider".

"Je ne vais pas bouger d'ici", rétorque Biden

"Monsieur le président, vous ne pouvez pas extorquer [des informations] à des gouvernements étrangers pour vous aider à être réélu", a rétorqué Joe Biden, sur Twitter. "Je sais que vous voulez truquer la primaire [démocrate] et choisir votre rival, mais je ne vais pas bouger d'ici."

Dans le cadre de la procédure de destitution lancée à l'encontre de Donald Trump, les parlementaires américains ont entendu à huis clos jeudi, pendant plus de huit heures, Kurt Volker, qui a été envoyé spécial des Etats-Unis pour l'Ukraine jusqu'à sa démission la semaine dernière.

Son témoignage a fourni "des preuves abondantes montrant que pour obtenir une rencontre [avec Donald Trump], il avait été demandé au président Zelensky qu'il enquête sur l'élection de 2016 et les Biden", a affirmé à la sortie un élu démocrate.

Une nouvelle étape de l'enquête est prévue vendredi avec l'audition, à huis clos, de l'inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson, qui a largement contribué à faire éclater l'affaire ukrainienne au grand jour.