VIDEO. Etats-Unis : à Portland, 80 nuits consécutives de manifestations contre les violences policières et le racisme

La grande ville du nord-ouest américain est devenue un symbole de lutte, mais aussi une cible personnelle pour le président Donald Trump, qui a menacé d'y envoyer l'armée.

Depuis la fin du mois de mai, Portland passe des nuits agitées. Cette ville du nord-ouest des Etats-Unis est le théâtre d'importantes manifestations contre le racisme et les violences policières, qui ont lieu chaque soir à l'initiative de différents collectifs. Les rassemblements du dimanche 16 août ont marqué la 80e nuit consécutive de manifestations, lors de laquelle les forces de l'ordre ont affronté des militants très remontés.

Une escalade de la violence

Ces rassemblements ont commencé après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis (Minnesota). D'abord pacifistes, ces manifestations ont rapidement pris une tournure violente, notamment à la suite de l'envoi d'agents fédéraux dans la ville. Une mesure autorisée par un décret de Donald Trump, qui a accusé la police locale d'être incompétente et trop complaisante avec les manifestants.

De nombreux témoignages de violences policières ont été rapportés durant le mois de juillet et des manifestants ont été interpellés puis emmenés dans des véhicules banalisés. La contestation s'est élargie au-delà des collectifs antiracistes et de nombreux habitants ont rejoint les rangs des manifestants, comme le "mur des mamans", un groupe de mères de famille placé en tête de cortège ou en cordon de sécurité. 

Donald Trump en a fait une affaire personnelle

Malgré les appels au calme du maire de Portland, Ted Wheeler, qui s'est personnellement rendu à un rassemblement nocturne lors duquel il a été touché par du gaz lacrymogène, la contestation continuait de battre son plein fin juillet. Lors d'une conférence de presse organisée le 29 juillet, Donald Trump a durement critiqué la gestion de la ville.

Portland est un désastre, la police s'écrase devant les émeutiers, laissant les citoyens seuls face à cette foule.

Donald Trump

en conférence de presse

Le président des Etats-Unis a même menacé à demi-mot d'y envoyer la Garde nationale (une branche de l'armée américaine) comme cela avait été le cas à Minneapolis lors des émeutes suivant la mort de George Floyd. Sans solution politique, la crise pourrait durer tout l'été à Portland. Les appels à manifester se multiplient jusqu'à la fin du mois d'août.

Un officier fédéral tire des gaz lacrymogènes sur une foule de manifestants à Portland, aux Etats-Unis, le 22 juillet 2020. 
Un officier fédéral tire des gaz lacrymogènes sur une foule de manifestants à Portland, aux Etats-Unis, le 22 juillet 2020.  (ZACH WILKINSON / SPUTNIK / AFP)