"Va te faire f..." : des rescapés du Bataclan répondent à Donald Trump

Le président des Etats-Unis a de nouveau utilisé les attentats de Paris, vendredi 4 mai à Dallas, pour justifier sa politique sur les armes à feu : il reste opposé à une régulation plus restrictive du port d'armes dans son pays.

Emmanuel Domenach, rescapé du Bataclan et ancien vice-président de l\'association 13 Onze 15 : fraternité et vérité, lors d\'une conférence de presse à Paris, le 10 novembre 2016.
Emmanuel Domenach, rescapé du Bataclan et ancien vice-président de l'association 13 Onze 15 : fraternité et vérité, lors d'une conférence de presse à Paris, le 10 novembre 2016. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Même s'il a quitté sa fonction de vice-président de l'association 13 Onze 15 fraternité et vérité, la voix d'Emmanuel Domenach continue de porter. Il ne s'est donc pas privé de dire ce qu'il pensait de la dernière sortie de Donald Trump au sujet des attentats de Paris de novembre 2015. Sa formule est lapidaire. "Cher Donald Trump, va te faire f... (tu peux utiliser une arme si tu veux)", a-t-il écrit en anglais, sur Twitter, samedi 5 mai.

Aurélia Gilbert, elle aussi rescapée du Bataclan, s'est directement adressée à la déléguée interministérielle à l'aide aux victimes. "Plutôt que me donner une médaille, pourriez-vous demander à @francediplo d'exiger des excuses de @realDonaldTrump?", lui a-t-elle demandé sur Twitter.

Lors d'un discours à la convention de la NRA (National Rifle Association), vendredi 4 mai, Donald Trump a de nouveau utilisé les attentats de Paris pour justifier sa politique sur les armes à feu : il reste opposé à une législation plus stricte sur le port d'armes aux Etats-Unis. "Personne n'a d'arme à Paris et on se souvient tous des 130 personnes [tuées] et du nombre énorme de personnes horriblement, horriblement blessées", a-t-il déclaré à Dallas (Texas), devant le lobby des armes aux Etats-Unis.

Le président américain ne s'est pas contenté de mots, il a aussi mimé avec les mains le massacre. 

Ils les ont exécutés, l'un après l'autre. Boum. Viens ici. Boum. Viens ici. Les survivants ont dit que ça avait duré une éternité. Mais si un employé, si quelqu'un dans cette salle avait eu une arme, les terroristes se seraient enfuis ou seraient morts. Ç'aurait été une tout autre histoire.Donald Trumplors de la convention annuelle de la NRA

Contacté par nos confrères du HuffPost, Philippe Duperron, l'actuel président de l'association 13 Onze 15 fraternité et vérité, demande "une réaction officielle de la part de la diplomatie française".

Notre réaction, c'est d'abord du dégoût face à des clowneries inacceptables.Philippe Duperronau Huffington Post