Un soldat tué et des victimes civiles : la première opération militaire autorisée par Donald Trump a mal tourné

Les soldats américains ont attaqué une base d'Al-Qaïda au Yémen.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Washington, le 31 janvier 2017.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, à Washington, le 31 janvier 2017. (CARLOS BARRIA / REUTERS)

Même le porte-parole de la Maison Blanche l'a reconnu, mercredi 1er février : la première opération militaire américaine validée par le président Donald Trump n'a pas été "un succès à 100%". Ce raid visant une base d'Al-Qaïda au Yémen, dimanche, a mal tourné : un soldat des forces spéciales américaines est mort, et de "possibles victimes civiles semblent avoir été prises dans les tirs", dont des enfants, a reconnu le commandement des forces armées américaines, mercredi.

Le premier soldat tué du mandat de Trump

Le Pentagone affirme que les forces américaines ont tué 14 combattants d'Al-Qaïda. Dans un rapport publié jeudi, l'International Crisis Group (ICG), organisation indépendante qui analyse les conflits, estime que l'opération a tué "de nombreux civils, dont au moins 10 femmes et enfants", ainsi que des hommes de tribus locales. Une source yéménite avait avancé un bilan de 41 victimes, dont 8 femmes et 8 enfants. L'ICG craint que ces victimes civiles fassent le jeu d'Al-Qaïda.

Un soldat américain, William "Ryan" Owens, 36 ans, a été tué dans les combats. Il était membre des Navy Seals, ces commandos américains qui ont notamment mené la mission dans laquelle Oussama Ben Laden a été tué. Donald Trump s'est rendu sur une base aérienne du Delaware, mercredi, pour accueillir la dépouille du soldat. William "Ryan" Owens est le premier soldat américain tué depuis le début du mandat de Donald Trump.

Trois autres soldats américains ont été blessés lors des combats. Autre accroc : un avion-hélicoptère a fait un atterrissage trop brutal, blessant trois autres soldats, et a dû être détruit afin qu'il ne tombe pas dans les mains ennemies.

Un raid déjà approuvé par le camp Obama

Autorisé une semaine après la prise de fonction de Donald Trump, ce raid était en préparation depuis plusieurs mois, et avait déjà été approuvé par les équipes de Barack Obama. Il a mal tourné car les combattants d'Al-Qaïda avaient manifestement été avertis de l'arrivée des Américains, raconte le New York Times (article en anglais). Les soldats se sont trouvés pris dans des combats beaucoup plus violents que prévus, manifestement surpris que même les femmes prennent les armes contre eux.

L'objectif officiel de cette opération commando était de saisir des ordinateurs et des appareils électroniques permettant de récolter des informations sur Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), branche particulièrement dangereuse du mouvement.