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Trois questions sur "Conversations avec Monsieur Poutine", le documentaire événement d'Oliver Stone

Cette interview du président russe en quatre parties est diffusée sur France 3 à partir du lundi 26 juin, à 20h50.

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France Télévisions
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Le président russe Vladimir Poutine et le réalisateur Oliver Stone, lors du tournage du documentaire "Conversations avec Poutine". (KOMANDIR/COURTESY SHOWTIME)

Le film (en quatre parties) condense près de cinquante heures d'entretiens avec le président russe. Conversations avec Monsieur Poutine, le nouveau documentaire du réalisateur américain Oliver Stone, sera diffusé sur France 3 à partir du 26 juin, à 20h50. La soirée sera suivie d'un débat avec le cinéaste.

Diffusées sur la chaîne américaine Showtime entre le 12 et le 15 juin, ces "conversations" ont suscité la polémique outre-Atlantique. Des téléspectateurs reprochent notamment au réalisateur aux quatre Oscars d'avoir été trop complaisant avec Vladimir Poutine.

Comment Oliver Stone a-t-il travaillé ?

Le réalisateur de Platoon et Né un 4 juillet a pu rencontrer le chef d'Etat russe à 12 reprises, entre juin 2015 et février 2017. Il l'a interviewé pendant près de 50 heures et en a tiré un documentaire de quatre heures. Divisé en quatre parties, il sera diffusé lundi 26, mercredi 28 et jeudi 29 sur France 3. 

A 70 ans, Oliver Stone n'en est pas à son coup d'essai. Le cinéaste a déjà réalisé plusieurs films et documentaires sur des personnalités en froid avec les gouvernements américains, à l'instar de Fidel Castro, Hugo Chavez ou d'Edward Snowden

Cette fois-ci, il s'est intéressé au charismatique président russe. "Je sais à quel point Vladimir Poutine est haï aux Etats-Unis et je crois que c’est ça qui m’a donné la curiosité nécessaire pour le connaître un peu plus", s'est-il expliqué, dans les colonnes des Inrocks (article payant).

Pourquoi le documentaire fait-il polémique ?

La proximité du réalisateur américain avec le locataire du Kremlin lui est reprochée. Invité à la télévision américaine, Oliver Stone a défendu Vladimir Poutine, affirmant qu'il était "insulté et outragé par la presse et les médias", rapporte le HuffPost. Le public présent à l'émission a même ri pendant que le réalisateur exposait ses arguments tellement celui-ci était élogieux.

Un extrait du documentaire a également fait réagir, car le président russe y tient des propos machistes. "Je ne suis pas une femme, lance Vladimir Poutine. Donc je n'ai pas de mauvais jours." Et de poursuivre : "Je ne veux insulter personne. C'est juste la nature des choses. Il y a des cycles qui sont naturels."

Je crois que le ton de l’entretien se devait d’être cordial et soft pour que la discussion puisse être constructive. Cela n’a rien à voir avec de la méthodologie ni même de la complaisance.

Oliver Stone

dans "Les Inrocks"

Le fils du réalisateur, Sean Stone, s'est également fait interpeller car il anime une émission sur la chaîne russe Russia Today, financée par le Kremlin, rappelle Le Monde.

Le documentaire est-il pro-Poutine ?

Oliver Stone ne cache pas une certaine fascination pour celui qui a été élu ces quatre dernières années "homme le plus puissant du monde" par le magazine Forbes"Poutine a, je crois, su stabiliser l’économie russe, en la protégeant de certaines dérives et en encadrant les oligarques", assume-t-il d'ailleurs dans Les Inrocks.

L'hebdomadaire reproche par exemple à Oliver Stone de ne pas avoir interrogé Vladimir Poutine sur les persécutions subies par les homosexuels en Tchétchénie. Conscient que le pays "a des idées très traditionalistes sur la question, voire réactionnaires", le réalisateur assure qu'"à l'époque du film, les persécutions n'étaient pas encore ce qu'elles sont aujourd'hui".

"En général, lorsque Poutine répond 'nyet', Stone relance rarement", déplore le Guardian (en anglais). Comme le note le HuffPost, invité dans l'émission de Stephen Colbert, Oliver Stone n'avait pas su nommer un seul défaut du président russe. Avant de reconnaître toutefois que "Poutine n’a pas le charisme de Castro, ni même de Chavez". Avec ces Conversations avec Monsieur Poutine, plus que le pouvoir russe, Oliver Stone semble vouloir remettre en cause l'impérialisme américain, un thème récurrent de sa filmographie.

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