Tensions entre les Etats-Unis et l'Iran : Donald Trump "ne veut pas entrer en guerre pour de vrai", estime Hubert Védrine

L'assassinat du général Soleimani, par des frappes américaines vendredi dernier, a provoqué la colère de Téhéran et définitivement détérioré les rapports entre l'Iran et les Etats-Unis. "Trump veut montrer sa force", a déclaré sur franceinfo Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères.

Le président américain Donald Trump, en décembre 2019, à la Maison-Blanche.
Le président américain Donald Trump, en décembre 2019, à la Maison-Blanche. (JIM WATSON / AFP)

Donald Trump "ne veut pas entrer en guerre pour de vrai en Iran", a estimé Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères (1997-2002), sur franceinfo ce dimanche 5 janvier. "Trump veut montrer sa force par des opérations ponctuelles, comme il a fait éliminer Baghdadi [le leader du groupe État islamique]. Mais dans cette année électorale qui commence, son but ce n'est pas l'Iran, c'est d'être réélu", a-t-il ajouté. Malgré sa rhétorique belliqueuse, le président américain "va essayer de ne pas se laisser entraîner dans une escalade".

Trump veut "éviter de se retrouver en guerre directe avec l'Iran"

Donald Trump a affirmé dimanche que les États-Unis frapperaient les Iraniens "plus fort qu'ils n'ont jamais été frappés auparavant" s'ils menaient des attaques en représailles à l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, lors d'une frappe américaine. Le président américain a notamment menacé de frapper 52 sites en Iran.

"Je continue à penser que Trump va essayer d'éviter de se retrouver en guerre directe avec l'Iran, mais je ne sais pas s'il y arrivera. Les Iraniens sont très rusés et peuvent l'obliger à faire ça, ce qui serait une erreur fatale au bout du compte", a estimé Hubert Védrine.

"La question maintenant, c'est quelle forme de vengeance le régime iranien va concevoir ? A Téhéran, je pense que les durs qui commandent veulent une vengeance spectaculaire. Les cibles sont au moins aussi nombreuses que les cibles fixées par Trump dans l'autre sens. Il y a peut-être des partisans d'une politique du pire, en disant : 'Si on provoque Trump, si on l'oblige d'entrer en guerre, on va souffrir mais on va gagner'", a analysé l'ancien ministre des Affaires étrangères.