Syrie : Trump menace de "dévaster" l'économie de la Turquie si elle s'en prend aux Kurdes

Après le tweet du président américain, la Turquie a appelé les Etats-Unis à honorer leur partenariat.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président américain Donald Trump, le 1er décembre 2018, au sommet du G 20 à Buenos Aires (Argentine).
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le président américain Donald Trump, le 1er décembre 2018, au sommet du G 20 à Buenos Aires (Argentine). (MURAT CETINMUHURDAR / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP)

La diplomatie du tweet en action. Dimanche 13 janvier, le président américain Donald Trump a menacé la Turquie d'une catastrophe économique, en cas d'attaque contre les Kurdes après le prochain retrait des troupes américaines de Syrie.

Les Etats-Unis vont "dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes", a tweeté Donald Trump, tout en appelant les Kurdes à ne pas "provoquer" Ankara. Le président américain a également appelé à la création d'une "zone de sécurité" de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation ou sur son financement. 

"Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale"

La réponse d'Ankara ne s'est pas fait attendre. Lundi 14 janvier, le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie escomptait que les Etats-Unis honorent leur partenariat stratégique. "Mr @realDonaldTrump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK [le Parti des travailleurs du Kurdistan], qui est sur la liste américaine des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD [Parti de l'union démocratique]-YPG [Unités de protection du peuple]", a écrit sur Twitter Ibrahim Kalin.

Le retrait des 2 000 soldats américains de Syrie annoncé le 19 décembre par Donald Trump a provoqué l'inquiétude des milices kurdes syriennes du YPG, en première ligne dans le combat contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique, qui redoutent d'être la cible de la Turquie, laquelle les assimile à des terroristes et les menace d'une offensive.