Soupçons de collusion avec l'Ukraine : la Maison Blanche a tenté de couvrir Donald Trump, selon le lanceur d'alerte

Le rapport du lanceur d'alerte à l'origine de l'affaire ukrainienne a été mis en ligne par le Congrès. Il y affirme que la Maison Blanche a tenté de restreindre l'accès aux notes sur l'appel polémique entre Donald Trump et son homologue ukrainien.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, le 25 septembre 2019 à New York (Etats-Unis).
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, le 25 septembre 2019 à New York (Etats-Unis). (SAUL LOEB / AFP)

La Maison Blanche a tenté de restreindre l'accès aux notes sur l'appel entre Donald Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, du 25 juillet, écrit un lanceur d'alerte membre des services de renseignement, dans un signalement publié jeudi 26 septembre par le Congrès. Ce signalement porte sur un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien datant du 25 juillet. Lors de cet échange, le président américain a notamment demandé à Zelensky d'enquêter sur son rival politique Joe Biden, candidat à la primaire démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2020, et son fils Hunter, qui a travaillé à partir de 2014 au sein d'un groupe gazier ukrainien.

"Dans le cadre de mes fonctions officielles, j'ai été informé par plusieurs responsables du gouvernement américain que le président des Etats-Unis utilisait les capacités de sa fonction pour solliciter l'ingérence d'un pays étranger dans l'élection de 2020 aux Etats-Unis", explique le lanceur d'alerte dans ce document daté du 12 août. "Au cours des jours suivant l'appel, j'ai appris de plusieurs responsables américains que de hauts responsables de la Maison Blanche étaient intervenus pour 'verrouiller' toutes les archives liées à l'appel téléphonique", poursuit-il.

Une rencontre suspecte entre émissaires des deux présidents

Selon son témoignage, des fonctionnaires de la Maison Blanche ont retiré les notes du système informatique où elles étaient conservées, pour le mettre dans un autre, utilisé d'habitude pour les informations classifiées. "Un officiel m'a dit que c'était un abus du système parce que l'appel ne contenait rien de sensible du point de vue de la sécurité nationale", écrit le lanceur d'alerte dans son rapport. 

Ces différents actes ont mis en évidence, à mes yeux, que des responsables de la Maison Blanche comprenaient la gravité de ce qu'il s'était passé lors de cet appel.Le lanceur d'alerte

Le lanceur d'alerte revient également sur les suites de l'appel. Selon lui, l'avocat de Donald Trump, qui n'est autre que l'ex-maire de New York Rudolph Giuliani et que le président mentionne nommément dans sa conversation comme un intermédiaire possible, a rencontré un émissaire de Zelensky à Madrid le 2 août. Une rencontre qualifiée par des fonctionnaires américains comme "une suite directe" de la conversation entre les deux présidents à propos des "cas" dont ils avaient parlé.

"Ces différents actes ont mis en évidence, à mes yeux, que des responsables de la Maison Blanche comprenaient la gravité de ce qu'il s'était passé lors de cet appel", souligne le lanceur d'alerte. Ce dernier a été jugé "crédible" par l'inspecteur général des services de renseignement. Cet appel, dont la transcription a été rendue publique mercredi, a déclenché le lancement, par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, d'une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump.