Cinq fois où la conseillère Kellyanne Conway a embarrassé la Maison Blanche

Après s'être tenue agenouillée sur un sofa, avec ses chaussures, dans le Bureau ovale, la conseillère de Donald Trump s'est attiré des moqueries pour une déclaration concernant des micro-ondes espions. 

La conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, s\'exprime lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC), à National Harbor, dans le Maryland (Etats-Unis), le 23 février 2017.
La conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, s'exprime lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC), à National Harbor, dans le Maryland (Etats-Unis), le 23 février 2017. (JOSHUA ROBERTS / REUTERS)

Figure de la campagne présidentielle américaine, conseillère à la Maison Blanche, Kellyanne Conway est un personnage-clé de l'administration Trump. Le président des Etats-Unis dit d'elle qu'elle "défend son programme sans relâche et avec ténacité", et qu'elle est "formidablement perspicace sur la manière de faire passer efficacement [leur] message". Mais à force de gaffes et de mensonges, Kellyanne Conway pourrait aussi devenir embarrassante pour Donald Trump.

En un peu plus de deux mois, la conseillère a déjà commis plusieurs faux pas, qui entament sa crédibilité et celle de l'administration américaine. Après s'être tenue à l'écart des caméras, Kellyanne Conway a effectué un retour fracassant, lundi 13 mars, lors d'un entretien filmé par le journal The Record (en anglais), dans lequel elle évoque l'espionnage par micro-ondes.

1Les micro-ondes qui servent à espionner

Dans cette interview, Kellyanne Conway revient sur les accusations de Donald Trump, qui a affirmé dans un tweet que l'administration Obama l'aurait "mis sur écoute" avant son élection à la Maison Blanche. Interrogée sur l'affaire, la conseillère donne d'étranges hypothèses pour appuyer les propos du président américain.

Tout ce que je peux dire, c’est qu'il y a de nombreux moyens d'espionner. Il y avait un article cette semaine qui expliquait comment on peut surveiller quelqu'un via son téléphone, sa télévision. Il y a plein de façons de faire : les micro-ondes qui se transforment en caméras, etc... Ça, on le sait, c'est un fait de la vie moderne.Kellyanne Conway

Kellyanne Conway fait référence aux récentes révélations de WikiLeaks selon lesquelles la CIA utilise des appareils connectés, comme les smartphones ou les téléviseurs Samsung, pour espionner. Mais, comme l'explique le site Wired (en anglais), les micro-ondes ne peuvent pas se transformer en caméras espionnes pour la simple et bonne raison qu'ils ne possèdent pas de caméra. D'après le site spécialisé, ils ne peuvent pas non plus servir à enregistrer une conversation car ils n'ont pas de micro. Pour couronner le tout, ils ne sont pas connectés à internet, et ne peuvent donc pas envoyer leurs données. 

2Les pieds sur le sofa du Bureau ovale

Les pieds sur le canapé, portable à la main. Cette pose décontractée a valu à Kellyanne Conway de vifs reproches, mardi 28 février. Alors que Donald Trump reçoit des dirigeants de lycées et d'universités historiquement noirs, la conseillère, qui prend des photos avec son smartphone, agenouillée sur un sofa, avec ses chaussures, choque les internautes. Un étudiant de l'université de Yale estime que cette image est "en phase avec le niveau général de manque de respect dont l'équipe Trump a fait preuve".

Pour un éditorialiste du Wall Street Journal, si les anciens conseillers du président Barack Obama "s'étaient assis comme ça dans le Bureau ovale, les conservateurs auraient hurlé pendant des semaines". Ces derniers ne manquent pas de rappeler que Barack Obama mettait régulièrement les pieds sur son bureau.

3Le faux "massacre de Bowling Green"

Plus grave sûrement, Kellyane Conway a plusieurs fois été prise en flagrant délit de mensonge. Lors d'une interview sur la chaîne MSNBC, jeudi 2 février, elle invente tout simplement un attentat terroriste, pour justifier le décret anti-immigration de Donald Trump. "Les gens ne savent pas que le président Obama a gelé pendant six mois l'entrée de réfugiés irakiens, après que deux Irakiens sont venus dans notre pays, se sont radicalisés, et ont été les cerveaux derrière le massacre de Bowling Green", assure la conseillère. Sauf que tout est faux dans cette déclaration.

Confrontée à son mensonge, Kellyanne Conway explique plus tard qu'elle a voulu parler des "terroristes de Bowling Green", en référence à l'inculpation en 2011 de deux Irakiens accusés d'avoir voulu envoyer de l'argent à Al-Qaïda. Le site américain Vox (en anglais) envisage une autre explication, moqueuse : Kellyanne Conway a peut-être confondu avec le "Massacre de Bowling Green", le nom d'une prétendue maison hantée devenue une attraction locale.

4De la "publicité gratuite" pour Ivanka Trump

Trois semaines après leur arrivée à la Maison Blanche, le président américain et son équipe sont soupçonnés de conflits d'intérêts commerciaux, politiques et familiaux. Au cœur de la polémique : la marque de vêtements et accessoires d'Ivanka Trump, la fille aînée du président. Après la décision d'une grande enseigne de retirer ces produits de la vente, Kellyanne Conway prend une initiative surprenante. "Allez acheter les produits d'Ivanka. (...) Je vais faire de la publicité gratuite : allez tous en acheter aujourd'hui, vous pouvez en trouver en ligne !" lance-t-elle sur la chaîne Fox, depuis la Maison Blanche.

Les règles fédérales interdisent pourtant à tout employé du secteur public d'utiliser ses fonctions "pour son propre bénéfice" ou "pour le soutien à un quelconque produit, service ou entreprise". Le Bureau d'éthique du gouvernement américain juge que Kellyanne Conway a "violé" les règles et que l'exécutif devrait "songer à prendre une mesure disciplinaire contre elle". Mais la conseillère est simplement "rappelée à l'ordre sur ce sujet, point final", selon le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

5Des "faits alternatifs" à l'investiture de Trump

Tous les décomptes des médias montrent qu'environ 250 000 personnes ont assisté à la cérémonie d'investiture de Donald Trump. Mais qu'importent les calculs et les images, "c'était le plus grand public à jamais assister à une investiture, un point c'est tout", avec un million et demi de personnes, assure Sean Spicer, le 21 janvier, lors de sa première conférence de presse. Le lendemain, Kellyanne Conway défend elle aussi ce décompte. En direct sur NBC, alors que le journaliste Chuck Todd l'interroge sur les mensonges du porte-parole, elle les justifie en assurant : "Notre porte-parole, Sean Spicer, a donné des faits alternatifs."

Là encore, Kellyanne Conway déchaîne les internautes, qui rivalisent d'humour pour la ridiculiser. "Un million de personnes portaient des capes d'invisibilité pendant la cérémonie d'investiture", s'amuse par exemple une utilisatrice de Twitter.