Présidentielle américaine : la victoire de Donald Trump a aussi fait des heureux

Loin d'être catastrophés, certains leaders politiques, en Europe ou ailleurs, ont applaudi des deux mains la victoire du milliardaire. Chacun d'eux pense y trouver son intérêt.

Vladimir Pourtine, le 19 octobre 2016, à Berlin (Allemagne). 
Vladimir Pourtine, le 19 octobre 2016, à Berlin (Allemagne).  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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Alice MaruanifranceinfoFrance Télévisions

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Elle a créé la surprise chez beaucoup et l'effroi chez d'autres. La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, dans la nuit de mardi 8 à mercredi 9 novembre, a majoritairement créé des réactions de rejet. Certains, au contraire, se sont réjouis de voir arriver le milliardaire à la Maison Blanche. Tour d'horizon de ceux qui n'ont pas attendu pour féliciter le 45e président des Etats-Unis et qui l'ont fait avec enthousiasme. 

En France, l'extrême droite et certains candidats de droite se voient en Trump

Le FN. Marine Le Pen a été la première à dégainer mercredi matin, alors que la victoire de Donald Trump n'était pas encore confirmée. "Félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre !", a-t-elle tweeté. "Le peuple ne se laisse pas dicter ses choix par une oligarchie" s'est félicité le numéro 2 du parti, Florian Philippot, saluant "une seconde fois défaite après le Brexit""Leur monde s'effondre. Le nôtre se construit. #PlaceAuxPeuples" a-t-il conclu sur Twitter en postant une photo de Marine Le Pen.

Le co-fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, s'est également réjoui de l'élection du New-Yorkais : "Les Américains veulent de Donald Trump qu'il soit le 'président de son peuple'. Aujourd'hui, les Etats-Unis, demain la France. Bravo ! (...) Vive Trump ! La dédiabolisation est une foutaise et une impasse. Les peuples ont besoin de vérité et de courage. Bravo l'Amérique !"

Une partie de la droite. Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et candidat à la primaire à droite, a félicité sur Twitter le nouveau président américain : "Félicitations à Donald Trump, nouveau président des Etats-Unis. Après le Brexit, nouvelle victoire des électeurs contre le système."

Nicolas Sarkozy disait souhaiter la victoire d'Hillary Clinton. Pourtant, mercredi il a estimé que l'élection de Donald Trump exprimait "le refus d'une pensée unique qui refuse de voir la réalité du rejet d'un commerce mondial qui n'est ni loyal ni équitable, une pensée unique qui ne voit pas l'exigence des peuples quant à la maîtrise de l'immigration et au respect des frontières, cette pensée unique qui ignore la nécessité des mesures difficiles qu'il y a à prendre pour protéger les citoyens du terrorisme islamiste". Bref, il voit en Trump celui qui a gagné contre les médias. Comme lui, peut-être ?

Dans le reste de l'Europe, les nationalistes exultent

Aux Pays-Bas. Geert Wilders, leader nationaliste du Parti pour la liberté, parfois comparé à Trump pour ses propos violemment antimusulmans, a applaudi les résultats des deux mains. "Les Américains récupèrent leur pays", s'est-il félicité sur Twitter, ajoutant que l'élection de Trump était "une victoire historique" et "une révolution".

En Hongrie. Le président hongrois, nationaliste et autoritaire Viktor Orban s'est aussi réjoui de cette victoire sur Facebook : "Quelle bonne nouvelle. La démocratie est encore vivante !" Il était un des rares leaders européens à avoir dit du bien de Trump pendant cette campagne.

Au Moyen-Orient et en Russie, les leaders autoritaires ont de gros espoirs

"A mon avis, nous n’avons pas le droit de faire la leçon à d’autres", disait-il au New York Times, interrogé sur les pays alliés qui ne respectent pas les droits de l'homme. Ce relativisme ainsi que le discours isolationniste de Donald Trump – quand Hillary Clinton est connue pour son interventionnisme – a réussi à séduire des leaders très différents, d'Israël à la Turquie. 

En Israël. Des tensions sont apparues entre les alliés historiques Israël et Etats-Unis sous la présidence Obama, notamment sur la question iranienne. Comme l'Etat hébreu, Donald Trump a vivement critiqué l'accord iranien sur le nucléaire. Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a chaleureusement félicité Donald Trump sur Facebook, postant une photo de leur poignée de main et le qualifiant de "véritable ami d'Israël" : "Nous allons travailler ensemble pour promouvoir la sécurité, la stabilité et la paix dans notre région, a promis le dirigeant israélien. Je suis sûr que le président élu Trump et moi-même continuerons à renforcer l'alliance unique entre Israël et les Etats-Unis et atteindrons de nouveaux sommets."

En Egypte. Abdel Fattah Al-Sissi aurait été le premier chef d'Etat à appeler Donald Trump pour le féliciter de sa victoire et lui dire qu'il espérait que sa présidence "réinjectera une vie nouvelle dans les relations Egypte-Etats-Unis". Un juste retour des choses : Trump avait qualifié, en septembre, le maréchal Al-Sissi d'"homme fantastique", exprimant son admiration pour sa lutte contre les terroristes et sa manière de diriger son pays, comme le rappelle Politico (en anglais).

En Turquie. Le président d'un parti islamiste peut-il être heureux qu'un homme férocement antimusulmans se retrouve au pouvoir ? Recep Tayyip Erdogan, qui avait refusé de prendre parti pendant la campagne, a en tous cas salué le début d'une "nouvelle ère aux Etats-Unis après ce choix des citoyens américains". Et de continuer : "Je souhaite que cette nouvelle ère soit bénéfique tant au niveau de la démocratie que des libertés pour les Américains et pour l’ensemble du monde et de notre région." Une partie des conservateurs turcs soutenaient Trump pendant cette campagne, décelant des similitudes entre les deux leaders. Aujourd'hui, ils espèrent que Donald Trump leur accordera l'extradition de Fetthulah Gulen, qu'ils accusent d'avoir fomenté le coup d'Etat avorté contre Erdogan le 15 juillet dernier. 

En Russie. Vladimir Poutine a réagi plutôt froidement à la victoire de Trump, disant espérer un "dialogue constructif" pour résoudre les différentes crises internationales. Mais il ne faut pas s'y tromper. "Indubitablement, ils boivent du champagne"a affirmé au New York Times (en anglais) Gleb O. Pavlovsky, un consultant politique qui a travaillé pour le Kremlin. Les parlementaires russes ont accueilli la victoire de Trump par des applaudissements, explique Le Monde. Donald Trump, qui n'a pas caché sa passion pour Poutine, a aussi remis en question l'Otan et semblé accepter l'annexion de la Crimée par la Russie. Les responsables russes, de leur côté, espèrent une levée des sanctions économiques infligées par l'Europe et les Etats-Unis depuis sa guerre avec l'Ukraine.