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Pourquoi la victoire de Donald Trump est loin de déplaire aux sarkozystes

Un signe positif dans la campagne pour la primaire à droite : voilà comment les lieutenants de Nicolas Sarkozy perçoivent la victoire de Donald Trump. Comme si elle démontrait que l'ancien président pourrait lui aussi déjouer les pronostics.

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Nicolas Sarkozy à son siège de campagne, le 9 novembre à Paris (JACKY NAEGELEN / REUTERS)

"Ce serait drôle, si Trump gagnait l'élection..." Voilà ce que Brice Hortefeux disait à franceinfo, mardi 8 novembre, jour de l'élection présidentielle américaine. "Ce serait une grande leçon collective d'humilité, poursuivait ce très proche de Nicolas Sarkozy. Comme lors du référendum de 2005 sur le traité européen, quand tous les journalistes et la plupart des politiques avaient pris parti pour le oui, et que les Français ont voté non."

La plaisanterie est devenue réalité et les sarkozystes sont loin d'en être mécontents. Car ils tirent de la victoire surprise de Donald Trump des leçons à l'avantage de leur champion.

Parce que la victoire de Trump révèle la faiblesse des sondages

Depuis l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy fin août, les sondages donnent Alain Juppé vainqueur. Depuis deux mois, les partisans de l'ancien président répètent que ces études ne sont pas fiables. François Baroin évoquait même récemment un "vote caché" en faveur de Nicolas Sarkozy, qui expliquerait sa sous-performance dans les sondages. Un peu comme, dans le passé, les études n'arrivaient pas à mesurer correctement le vote Front National.

Et voilà Donald Trump qui déjoue tous les pronostics. "Cela relativise grandement les sondages", affirme Eric Ciotti, porte-parole du candidat, à franceinfo. Les interrogations sur la fiabilité des sondages semblent d'autant plus pertinentes pour la primaire à droite qu'on n'en connaît pas avec précision le corps électoral. "Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas se fier aux sondages et aux commentateurs, mais aller parler directement aux gens", renchérit Gérald Darmanin, directeur de campagne de l'ancien président.

Parce que cela validerait la ligne droitière et la rhétorique de Nicolas Sarkozy

La victoire de Trump montre que l'heure n'est pas au centrisme ou au centre gauche.

Gérald Darmanin

à franceinfo

"La peur de la paupérisation, le défi de l'immigration, les questions d'identité sont des éléments structurants du vote Trump", analyse un autre proche du candidat. Autant de thèmes portés par Nicolas Sarkozy dans la campagne de la primaire.

Quant à la forme, s'il n'a jamais atteint l'outrance qui caractérise Donald Trump, l'ancien président a volontiers usé de formules polémiques, en évoquant par exemple "nos ancêtres les Gaulois", en prônant "une double ration de frites" pour les élèves qui refusent de manger du porc à la cantine, ou en plaisantant sur la "jungle" de Calais. "Cela conforte la ligne de Nicolas Sarkozy : tout sauf le politiquement correct, le respect des codes, le candidat des élites", assume un proche du candidat.

Parce cela valoriserait les personnalités fortes

C'est Nicolas Sarkozy lui-même qui le dit : "Dans un monde où il va falloir négocier avec un président russe, Vladimir Poutine, qui ne se pose pas de questions pour défendre les intérêts de son pays, avec le président chinois, Xi Jinping, qui ne se pose pas de questions pour la défense des intérêts de son pays, et maintenant avec le président Donald Trump, ma conviction c'est qu'il n'y aura pas de place pour l'impuissance, la faiblesse et le renoncement".

Nicolas Sarkozy critique ainsi en creux Alain Juppé, régulièrement accusé d'incarner une "alternance molle". A l'opposé du positionnement revendiqué depuis longtemps par l'ancien président, même s'il en aurait pris conscience récemment.

Trump, Poutine, cela l'a fait évoluer. Il faut des hommes à poigne.

Un conseiller de Nicolas Sarkozy

à franceinfo

Parce que cela renforcerait Nicolas Sarkozy face à Marine Le Pen

Les partisans de Nicolas Sarkozy font un parallèle entre leur candidat et Donald Trump dans le cadre du processus de la primaire, mais ils se projettent au-delà. A la présidentielle, ils voient plutôt Marine Le Pen dans le rôle de Donald Trump. Et Alain Juppé dans la position de Hillary Clinton. 

"Hillary Clinton, plutôt une candidate modérée, n'a pas su empêcher l'arrivée au pouvoir d'un type comme Trump, estime aujourd'hui un proche du candidat. Finalement, qui est le mieux à même de battre Marine Le Pen ?  C'est plutôt Nicolas Sarkozy avec son parler vrai."

Cette affirmation est aujourd'hui invalidée par tous les sondages, puisqu'Alain Juppé y fait systématiquement un meilleur score que Nicolas Sarkozy face à la présidente du Front National. Mais ça, c'était avant l'élection de Donald Trump.

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