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Les États-Unis fermés aux Européens pour cause de coronavirus : "C'est l'exemple type d'une fausse bonne solution", critique un député LREM

Roland Lescure accuse le président américain de trouver en l'Union européenne un "coupable idéal" pour distraire l'opinion d'une "réelle responsabilité".

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
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Roland Lescure, député LREM, sur franceinfo le 15 juin 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Roland Lescure, député LREM des Français d’Amérique du Nord et président de la commission des affaires économiques à l’Assemblée a jugé jeudi 12 mars sur franceinfo "disproportionnée" la décision des États-Unis d'interdire les Européens de se rendre sur son territoire en raison de l'épidémie de coronavirus : "C'est l'exemple type d'une fausse bonne solution", a-t-il affirmé. Selon lui, "les conséquences économiques vont sans doute être pire que ce qu'on cherche à faire", c'est-à-dire juguler l'épidémie.

franceinfo : La décision des États-Unis vous semble-t-elle être une bonne solution ?

Non. C'est l'exemple type d'une fausse bonne solution. Donald Trump essaye de divertir l'attention de ses enjeux domestiques pour essayer de juguler le virus en trouvant un coupable idéal, mais évidemment absolument pas coupable, l'Union européenne. Il a qualifié le virus de virus étranger. Les virus n'ont pas de passeport, les virus n'ont pas de visa. Les virus passent les frontières, évidemment sans problème. Et on sait aujourd'hui que la plupart des cas aux États-Unis sont d'ailleurs sur la côte Ouest et donc viennent sans doute initialement plutôt d'Asie que d'Europe.

Pourquoi cette diversion, selon vous ?

Malheureusement, on essaie de distraire l'opinion d'une réelle responsabilité. Aujourd'hui, des autorités américaines sont sans doute en fait moins bien organisées que les nôtres et commencent seulement à prendre le virus à bras le corps. Vous savez que le système sanitaire et le système de santé aux États-Unis évidemment est beaucoup moins général et organisé que le nôtre. Ca va être cela le vrai défi des États-Unis pour s'adapter à virus.

Quelles sont les conséquences d'une telle décision ?

D'abord, ça va être un cauchemar organisationnel. Vous avez le droit de venir du Royaume-Uni. Donc, de prendre l'Eurostar de Paris, aller à Londres et prendre un avion pour les États-Unis. Vous avez le droit si vous êtes Américain à condition que vous ayez été proprement testé. Qu'est-ce que ça veut dire ? Donc, vous allez avoir des avions qui vont être maintenus, mais qui vont être aux tiers vides d'Américains testés, alors que les Français qui le sont, eux, ne peuvent pas traverser. Ça va être un cauchemar logistique. Par ailleurs, ça va avoir des conséquences importantes d'un point de vue économique sur le tourisme. Les États-Unis sont le deuxième pays le plus visité au monde, après la France. On a aussi beaucoup d'Américains qui viennent en France et donc ça va avoir un impact sur la France également. Donc, on est typiquement dans le genre de mesures qui est disproportionnée, c'est-à-dire que les conséquences économiques vont sans doute être pire que ce qu'on cherche à faire, qui est juguler la présence du virus sur le territoire américain.

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