Iran : les stratégies des entreprises françaises pour échapper aux sanctions commerciales américaines

Après le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien, les entreprises françaises doivent s'adapter pour ne pas subir les sanctions commerciales promises par Donald Trump.

Un Airbus A321 livré pour IranAir en 2017
Un Airbus A321 livré pour IranAir en 2017 (AFP FATEMEH BAHRAMI / ANADOLU AGENCY)

Gare aux entreprises françaises qui font du commerce avec l'Iran ! À compter du mardi 7 août, elles seront sous la menace des sanctions américaines, les États-Unis ayant décidé de sortir de l'accord nucléaire avec l'Iran, et Donald Trump d'imposer des sanctions commerciales à tous ceux qui ne respectent pas les consignes édictées par les États-Unis. Un message reçu et appliqué par les entreprises françaises avec des stratégies diverses.

L'automobile dans le viseur

Le secteur automobile est particulièrement visé par les États-Unis. Renault et PSA, qui se partagent à eux deux 40% du marché iranien, disent s'être mis en conformité avec les consignes américaines. Mais les constructeurs ne quittent pas le pays pour autant. Ils mettent juste en sommeil les co-entreprises montées avec des investisseurs locaux.

Chez PSA, une soixantaine d'expatriés ont quitté l'Iran. Et si toutes les commandes de voitures de marques Peugeot et Citroën ont été arrêtées pour cause de co-entreprises gelées, des DS, elles, continueront à être importées dans des volumes restreints autorisés.

L'aéronautique également touchée

Autre secteur dans le collimateur des Américains, l'aéronautique. Les Iraniens ont commandé beaucoup d'avions mais il faut une autorisation américaine pour les livrer.

La commande chez Airbus se chiffre à 10 milliards de dollars. De son côté, le français ATR devait livrer une dizaine d'avions ces jours-ci. La semaine dernière encore, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, affirmait espérer obtenir le feu vert de Washington.

En revanche, ce n'est pas le cas pour Total. Le géant pétrolier semble avoir peu d'espoir de décrocher une exemption américaine pour exploiter le plus grand gisement gazier au monde. Mais il a plus de temps pour plier bagages, date limite le 4 novembre.

Les PME, elles aussi, font de la résistance

La marque de cosmétiques Pier Augé est présente en Iran depuis 3 ans et compte bien y rester. Le plus gros problème est la devise iranienne qui a dévissé de 50% en quatre mois, explique Christine Vallin, la dirigeante de la société. Pour se maintenir en Iran, elle envisage notamment de produire "local" sur "une gamme très très courte" alors qu'actuellement la production est 100% française.

Christine Vallin, la patronne de Pier Augé, compte bien rester en Iran comme elle l'explique à Isabelle Raymond.
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