G20 en Argentine : "C'est Trump qui décide de l'ordre du jour"

"Donald Trump est lui-même sous pression parce qu'il y a beaucoup de protestations au sujet de sa guerre commerciale" explique Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales.

Donald Trump à Buenos Aires, le 30 novembre 2018.
Donald Trump à Buenos Aires, le 30 novembre 2018. (JUAN IGNACIO RONCORONI / EFE)

Les dirigeants du G20 se réunissent à Buenos Aires en Argentine vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre pour un sommet "sous forte tension", estime Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), sur franceinfo. Pour lui, "les Américains vont monopoliser l'attention au cours de ce sommet". "Dans une certaine mesure, c'est lui [Donald Trump] qui décide de l'ordre du jour. Qui plus est, sur un certain nombre de sujets, en particulier sur les questions commerciales, on sent une très grande personnalisation des décisions".

franceinfo : les chefs d'Etat et de gouvernement vont-ils pouvoir se mettre d'accord sur les différents sujets évoqués lors du sommet ?

Sébastien Jean : C'est un G20 sous forte tension. Avec le caractère très imprévisible et les politiques souvent très agressives de Donald Trump : les Américains vont monopoliser l'attention au cours de ce sommet. Dans une certaine mesure, c'est lui qui décide de l'ordre du jour. Qui plus est, sur un certain nombre de sujets, en particulier sur les questions commerciales, on sent une très grande personnalisation des décisions. On a parfois l'impression que même ses conseillers les plus proches ne sont pas sûrs de ce qu'il va décider.

Sur les questions commerciales justement, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, que peut-on attendre de ce G20 ?

La pression et les attentes sont maximales. D'une part, Donald Trump a fait du conflit commercial avec la Chine un des éléments centraux qui définissent sa politique. D'autre part, il essaye de faire monter la pression et donc les enchères avec la Chine. Mais en même temps, Donald Trump est lui-même sous pression parce qu'il y a beaucoup de protestations au sujet de sa guerre commerciale : il pourrait donc chercher une victoire. Tout cela est donc assez paradoxal. Je ne pense pas qu'il y aura d'accord, mais il est possible que ce sommet amorce un tournant.

Mohammed Ben Salmane, prince héritier de l'Arabie saoudite, est invité en tant qu'observateur en pleine affaire de la mort du journaliste Jamal Khashoggi. Sera-t-il bien accueilli à Buenos Aires ?

C'est aussi un dossier très sensible. Les pièces à charge concernant l'assassinat de Jamal Khashoggi sont indéfendables pour l'Arabie saoudite. Et en même temps, il est très difficile pour les Etats-Unis de rester cohérents car il y a une valeur très stratégique dans leur partenariat avec le royaume.