Facebook retire une publicité de la campagne de Donald Trump employant un symbole utilisé par les nazis

Le camp Trump s'est défendu en affirmant que le triangle rouge inversé était utilisé par les antifa, visés par le message.

Le président des Etats-Unis Donald Trump lors d\'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 17 juin 2020.
Le président des Etats-Unis Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 17 juin 2020. (TOM BRENNER / REUTERS)

Facebook, récemment critiqué pour sa réticence à modérer certains messages de Donald Trump, a retiré une publicité postée par l'équipe de campagne du président américain, jeudi 18 juin. Le message, notamment posté sur la page officielle de Donald Trump, qui visait les activistes d'extrême-gauche désignés sous le terme d'"antifa", était illustré d'un triangle rouge inversé. Un symbole utilisé par les nazis pour désigner les prisonniers politiques dans les camps de concentration.

Une pub "offensante" pour une association de lutte contre l'antisémitisme

"Nous n'autorisons pas les symboles qui représentent des organisations haineuses ou des idéologies haïssables à moins que ce soit pour les condamner", a justifié Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité chez Facebook, interrogé au Congrès américain jeudi sur un article du Washington Post (en anglais) qui a révélé l'existence de ces publicités.

La campagne avait notamment fait réagir le président de l'Anti-Defamation League, une organisation américaine luttant contre l'antisémitisme, qui l'a jugée "hautement offensante" sur Twitter.

"Le triangle rouge inversé est un symbole utilisé par Antifa", a justifié un porte-parole de la campagne Trump auprès de Reuters, assurant par ailleurs qu'il était possible d'utiliser sur Facebook un emoji de ce symbole.

Facebook avait choisi de ne pas retirer un message de Donald Trump appelant à tirer sur des manifestants après la mort de George Floyd, alors que Twitter avait choisi de le masquer, estimant qu'il appelait à la violence. En revanche, le réseau social de Mark Zuckerberg avait déjà interdit une autre publicité de la campagne Trump en mars, l'accusant de diffuser de fausses informations sur le recensement, rapportait alors le New York Times (en anglais).