Européennes : La République en marche dénonce la présence de Steve Bannon à Paris

"Il ne se cache absolument pas de son envie de s'ingérer dans notre scrutin", a réagi samedi la tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau. 

L\'ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, lors d\'une interview à l\'hôtel Adlon, à Berlin (Allemagne), le 15 mai 2019. 
L'ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, lors d'une interview à l'hôtel Adlon, à Berlin (Allemagne), le 15 mai 2019.  (KAY NIETFELD / DPA / AFP)

Ils dénoncent "une atteinte à la souveraineté" . A une semaine des élections européennes, les responsables La République en marche (LREM) de la liste de la majorité ont fustigé, samedi 18 mai, la présence de Steve Bannon, ancien stratège de Donald Trump et soutien de Marine Le Pen, à Paris.

"Tranquillement Steve Bannon pose ses valises à Paris dans sa suite du Bristol à 2 500 euros la nuit pour faire gagner Le Pen ! C'est une atteinte à la souveraineté de l'élection dans la ligne droite de la stratégie des nationalistes... à vomir", s'est ému sur Twitter le directeur de campagne de la liste, Stéphane Séjourné.

Dans une interview accordée au journal Le Parisien dans ce grand hôtel de la capitale, Steve Bannon déclare avoir choisi de venir à Paris parce que "de toutes les élections qui auront lieu le week-end prochain en Europe (...) c'est de loin, ici, en France, la plus importante", et ce "à cause du "positionnement mondialiste" d'Emmanuel Macron. "C'est un référendum sur lui et sa vision pour l'Europe", ajoute l'ancien conseiller de Donald Trump, qui prédit un "tremblement de terre" dimanche 26 mai.

"Je suis un conseiller informel" 

"Il ne se cache absolument pas de son envie de s'ingérer dans notre scrutin", s'est émue samedi la tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau. "Le Rassemblement national ne s'est pas caché une seule minute de sa proximité avec Steve Bannon, d'avoir formé ses cadres à la méthode Bannon, c'est-à-dire la désinformation, le mensonge, assénés jusqu'à ce que ça passe", a-t-elle réagi. "Pour avoir débattu avec Jordan Bardella, j'ai bien vu la marque Bannon, de fake news, dont nous n'avons ni envie ni besoin en Europe".

La semaine dernière, plusieurs députés et sénateurs de différents bords, y compris LREM, avaient réclamé une commission d'enquête sur les liens entre le Rassemblement national (RN) et Steve Bannon, après la diffusion d'un reportage d'"Envoyé spécial", sur France 2, dans lequel on voit les dirigeants RN Louis Aliot et Jérôme Rivière proposer à Steve Bannon d'assister à des réunions entre Marine Le Pen et des hauts fonctionnaires français.

Steve Bannon y évoque aussi les besoins financiers du RN. "Ils veulent rembourser cet emprunt aux Russes (pour la présidentielle) et obtenir d'autres financements", dit l'ancien conseiller. Interrogé par le Parisien, Steve Bannon assure n'avoir "jamais donné de capital" au RN. "Je suis un conseiller informel, je ne me fais pas payer. Même avec Trump, j'étais bénévole. Ce que je fais en revanche, c'est faire des observations à certains partis et donner des conseils sur la levée de fonds", ajoute-t-il.