Etats-Unis : un parlementaire républicain appelle pour la première fois à destituer Trump

Justin Amash explique avoir lu attentivement le rapport du procureur spécial Mueller sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

Le président américain, Donald Trump, le 17 mai 2019 à Washington.
Le président américain, Donald Trump, le 17 mai 2019 à Washington. (SAUL LOEB / AFP)

Il est le premier parlementaire du camp républicain à franchir le pas. Justin Amash, élu du Michigan, estime que Donald Trump a eu un comportement pouvant conduire à son "impeachment", c'est-à-dire sa destitution par le Congrès. Cet élu accuse également le ministre de la Justice, Bill Barr, d'avoir "délibérément" induit le public en erreur au sujet de la teneur de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

Dans une série de tweets postés samedi 18 mai, l'élu conservateur déclare que "peu d'élus du Congrès ont lu le rapport Mueller" qui fait état "de nombreux exemples de comportements" pouvant correspondre à la qualification "d'obstruction à la justice". "Il ne fait aucun doute qu'une personne qui ne serait pas présidente des Etats-Unis serait inculpée sur la base de telles preuves", estime-t-il.

"Contrairement à la description qu'en fait monsieur Barr, le rapport Mueller révèle que le président Trump a pris des mesures et a eu un comportement proches de 'l'impeachment'", selon Justin Amash, qui est issu du mouvement libertarien Tea Party. Ces propos vont encore plus loin que ceux de la plupart des élus démocrates au Congrès. Une élue démocrate du Michigan, Rashida Tlaib, a aussitôt exhorté Justin Amash à cosigner sa résolution de destitution.

Dans son rapport de près de 450 pages, Robert Mueller a exonéré Donald Trump des soupçons de collusion avec Moscou, mais a décrit une dizaine de pressions exercées par le président républicain sur l'enquête. S'estimant totalement blanchi, Donald Trump n'a de cesse de dénoncer une coûteuse "chasse aux sorcières". Certains démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, estiment que des éléments du rapport démontrent que le président a "entravé la justice".