Un collaborateur de Trump affirme, dans une tribune, être entré "en résistance" contre le président américain

Il publie une tribune anonyme dans le "New York Times" mercredi.

La Maison blanche, à Washington (Etats-Unis), le 28 décembre 2017. 
La Maison blanche, à Washington (Etats-Unis), le 28 décembre 2017.  (MANDEL NGAN / AFP)

"Je fais partie de la résistance au sein de l'administration Trump." Le titre de cette tribune anonyme publiée dans le New York Times, mercredi 5 septembre, donne le ton. Un haut responsable de l'équipe de Donald Trump révèle, de manière anonyme, comment sa propre administration est entrée en résistance. Le président américain pointe une "trahison" dans un tweet lapidaire.

L'auteur de ce texte explique pourquoi et comment il s'efforce, avec d'autres, de lutter de l'intérieur contre les "pires penchants" du locataire de la Maison Blanche. Il confirme ainsi le portrait dressé par le journaliste d'investigation Bob Woodward. Dans son livre à paraître le 11 septembre aux Etats-Unis (Peur : Trump à la Maison Blanche), et dont des extraits ont été publiés dans la presse, Woodward dépeint un président colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s'efforcent de contrôler, voire de contourner, pour éviter de dangereux dérapages.

Une procédure de destitution envisagée

Dans la tribune parue dans le New York Times, le haut dirigeant de l'administration Trump souligne clairement qu'il ne s'agit pas pour lui de soutenir la démarche de la gauche américaine, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président. Comme il le révèle, lui et d'autres membres du cabinet ont envisagé d'entamer une procédure de destitution du président, comme le prévoit le 25e amendement de la Constitution américaine. "Mais personne n'a voulu provoquer une crise constitutionnelle", précise-t-il. 

"Nous pensons que nous avons d'abord un devoir envers notre pays, et que le président continue à agir d'une façon néfaste à la bonne santé de notre république, écrit-il. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de Donald Trump jusqu'à ce qu'il ait quitté son poste."

Le cœur du problème est l'amoralité du président.Un haut responsable de l'administration Trump, anonymedans le "New York Times"

Estimant que l'administration a engrangé un certain nombre d'avancées depuis son élection - déréglementation, réforme fiscale, renforcement de l'armée - il juge que ces dernières ont été obtenues "en dépit de et non grâce" à Donald Trump, dont il qualifie le style de "mesquin", "impétueux" et "inefficace".

"Ce lâche devrait faire ce qui est juste et démissionner" 

Le New York Times explique avoir pris la décision rare de publier une tribune anonyme à la demande de son auteur, dont le quotidien connaît l'identité. "Nous pensons que publier cet essai est le seul moyen de permettre à nos lecteurs de prendre connaissance d'un point de vue important", écrit le journal. 

La Maison Blanche a répliqué à cette tribune anonyme par la voix de sa porte-parole, Sarah Sanders : "Ce lâche devrait faire ce qui est juste et démissionner." Le président lui-même s'est également fendu d'une déclaration devant la presse, postée sur son compte Twitter. "Quand je ne serai plus président, ces médias n'auront plus rien à écrire", a-t-il fustigé, ajoutant : "Personne n'a fait ce que cette administration fait."