Etats-Unis : un accord a été trouvé pour le retrait de policiers fédéraux très controversés à Portland

A Portland, comme dans d'autres villes démocrates, des forces fédérales ont été envoyées pour faire face aux manifestations contre le racisme et les violences policières. 

Des policiers fédéraux en poste près du tribunal de Portland (Oregon), le 25 juillet 2020.
Des policiers fédéraux en poste près du tribunal de Portland (Oregon), le 25 juillet 2020. (ANKUR DHOLAKIA / AFP)

Les deux parties se sont entendues. La gouverneure démocrate de l'Oregon parle d'un départ de "forces d'occupation", tandis que le ministre de la Sécurité intérieure évoque une "coopération" trop longtemps attendue. Mais dans les deux cas il s'agit d'un retrait progressif des policiers fédéraux de Portland, annoncé mercredi 29 juillet par les locales et le gouvernement de Donald Trump.

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"Après des discussions avec le vice-président et des responsables de l'administration, le gouvernement fédéral a accepté ma demande et va commencer à retirer ses agents" à compter du jeudi 30 juillet, a écrit dans un communiqué Kate Brown, gouverneure démocrate de cet Etat du nord-ouest des Etats-Unis. De son côté, le ministre de la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, a souligné que ces agents fédéraux étaient "toujours là" et resteraient "jusqu'à ce que nous voyons que le plan fonctionne et que le tribunal n'est pas perpétuellement attaqué".

La police locale doit assurer le maintien de l'ordre à l'extérieur des bâtiments, à charge pour les agents fédéraux de sécuriser les lieux comme à l'ordinaire. "L'Etat d'Oregon a finalement accepté de coopérer avec nos forces fédérales, exactement ce que nous demandions depuis que les violences ont éclaté voici deux mois. Nous sommes heureux que l'Oregon corrige ses erreurs", a argumenté le ministre.

"Des anarchistes et des agitateurs"

L'annonce a été d'autant plus surprenante que le président Donald Trump avait lancé quelques heures plus tôt que les autorités locales devaient d'abord "nettoyer" la ville. "S'ils ne sécurisent pas leur ville bientôt, nous n'aurons pas le choix, nous irons la nettoyer nous-mêmes. On fera ça très facilement", avait assuré à des journalistes le président républicain, qui bat campagne pour sa réélection sur le thème de "la loi et l'ordre".

Louant le "travail fantastique" des policiers fédéraux dépêchés sur place depuis début juillet, Donald Trump avait une nouvelle fois accusé les manifestants qui défilent dans le centre-ville de Portland depuis soixante jours de n'être que "des anarchistes et des agitateurs". La mort de George Floyd, quadragénaire noir asphyxié le 25 mai à Minneapolis par un policier blanc, a déclenché dans tous les Etats-Unis d'énormes manifestations antiracistes.

La mobilisation s'est considérablement affaiblie, mais des poches de contestation ont persisté, notamment à Portland, ville nettement marquée à gauche. Le déploiement d'agents fédéraux, parfois issus des douanes ou de la police aux frontières et arborant toute une panoplie militaire, a eu pour effet de durcir le mouvement dans cette ville à la longue histoire contestataire.