Etats-Unis : le chef du Pentagone claque la porte après l'annonce de Donald Trump sur le retrait de Syrie

Le secrétaire à la Défense, James Mattis, a présenté sa démission et quittera ses fonctions fin février.

Le secrétaire à la Défense James Mattis et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche (Washington, Etats-Unis), le 23 octobre 2018. 
Le secrétaire à la Défense James Mattis et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche (Washington, Etats-Unis), le 23 octobre 2018.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Nouvelle démission au sein de l'administration Trump. Le secrétaire à la DéfenseJames Mattis, a brutalement annoncé, jeudi 20 décembre, qu'il claquait la porte, au lendemain de l'annonce du retrait des troupes américaines de Syrie par Donald Trump, qui a pris de court ses alliés. 

La démission de James Mattis, homme d'expérience très respecté sur la scène internationale, et qui incarnait une forme de stabilité au sein d'une administration traversée de secousses, est un coup dur pour le tempétueux président des Etats-Unis, qui apparaît de plus en plus isolé. Dans un courrier adressé au locataire de la Maison Blanche, cet ex-général des Marines de 68 ans insiste sur la nécessité pour les Etats-Unis de "traiter les alliés avec respect", marquant implicitement son désaccord avec un président qui a pris pour cible un à un au cours des derniers mois les dirigeants des principales puissances occidentales. 

"Parce que vous avez le droit d’avoir un secrétaire à la Défense dont les vues sont mieux alignées sur les vôtres (...), je pense que me retirer est la bonne chose à faire", ajoute-t-il dans ce courrier qui a eu l'effet d'un coup de tonnerre à Washington.

Nombre d'élus des deux bords ont exprimé leur déception, voire leur inquiétude. "C'est un jour très triste pour notre pays", a lancé Nancy Pelosi, cheffe des démocrates à la Chambre des représentants. "Lisez sa lettre ! Je pense que tout le monde dans le pays devrait lire sa lettre de démission", a-t-elle ajouté. En écho, Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a déploré le départ de l'un des "rares symboles de force et de stabilité" au sein de l'équipe au pouvoir.

"Une série de graves erreurs politiques"

Dans un communiqué cinglant, le républicain Marco Rubio a jugé, à la lecture de la missive, que les Etats-Unis s'engageaient vers "une série de graves erreurs politiques" qui pourraient abîmer durablement leurs alliances.

Sur Twitter, Donald Trump n'a pas parlé de démission, indiquant simplement que James Mattis quitterait ses fonctions "à la fin février" et qu'un successeur serait "prochainement" nommé.

Dans sa lettre, le ministre démissionnaire n'évoque pas directement le dossier syrien, si ce n'est pour citer la coalition internationale contre les jihadistes du groupe Etat islamique comme exemple de l'utilité des alliances. Mais il sait que son départ sera interprété comme la marque de son clair désaccord avec Donald Trump, sur le dossier syrien comme sur d'autres.