Etats-Unis : des élus républicains font irruption lors d'une audition au Congrès pour troubler l'enquête en vue d'une procédure de destitution de Donald Trump

Les démocrates ont lancé la première étape d'une action d'"impeachment" contre le président américain parce qu'il a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur l'un de ses rivaux.

Des élus républicains se sont introduits dans une pièce sécurisée, retardant le témoignage d\'un responsable du Pentagone, dans le cadre de l\'enquête démocrate qui pourrait aboutir sur une mise en accusation (\"impeachment\") du président Trump, mercredi 23 octobre, à Washington. 
Des élus républicains se sont introduits dans une pièce sécurisée, retardant le témoignage d'un responsable du Pentagone, dans le cadre de l'enquête démocrate qui pourrait aboutir sur une mise en accusation ("impeachment") du président Trump, mercredi 23 octobre, à Washington.  (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Une scène rarissime s'est déroulée au Congrès américain. Furieux de ne pas être assez impliqués dans l'enquête des démocrates en vue d'une procédure de destitution de Donald Trump, des élus républicains du Congrès américain ont interrompu, mercredi 23 octobre, un témoignage à huis clos, créant un rare chaos au parlement américain.

Plus d'une vingtaine d'élus républicains de la Chambre des représentants ont fait irruption dans une pièce sécurisée, retardant le témoignage d'un responsable du Pentagone, dans le cadre de l'enquête démocrate qui pourrait aboutir sur une mise en accusation ("impeachment") du président Trump.

Un incident qui intervient deux jours après que ce dernier a appelé les parlementaires républicains à "s'endurcir" et "combattre" cette procédure de destitution qui le vise.

Un risque pour la sécurité 

En violation avec les règles de sécurité de la Chambre, les parlementaires ont pénétré dans cette pièce avec leurs téléphones portables. Certains contestataires ont même écrit des messages sur Twitter depuis cette chambre sécurisée, appelée "SCIF" dans le jargon du Congrès. "J'ai conduit 30 de mes collègues dans le SCIF où Adam Schiff [président démocrate de la commission du Renseignement à la Chambre] recueille des dépositions secrètes pour l'impeachment", a ainsi tweeté le représentant de Floride Matt Gaetz, un fidèle soutien de Donald Trump, avant de supprimer son tweet. 

Une vidéo montrant les élus envahir les lieux, certains avec leur téléphone portable à la main, a circulé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreux commentaires outrés de l'opposition démocrate quant à cette brèche grave dans la sécurité du Congrès. "J'ai travaillé dans un SCIF en tant qu'officier. L'importance de garder les lieux sécurisés nous est tellement inculquée que je faisais des cauchemars la nuit dans lesquels j'oubliais mon téléphone dans la poche de mon uniforme", a ainsi réagi sur Twitter le candidat à l'investiture démocrate Pete Buttigieg, qualifiant l'attitude des élus républicains d'"embarrassante"

Adam Schiff, qui mène de facto l'enquête parlementaire démocrate contre le président républicain, a été contraint d'appeler le sergent d'armes de la Chambre, selon le Washington Post.

Ils dénoncent un manque de transparence 

Selon un enregistrement audio d'un autre élu républicain, Alex Mooney, Adam Schiff "a pris le témoin et est sorti de la pièce car il refusait que l'audition se déroule de manière transparente". Les auditions se déroulent pourtant devant l'ensemble de la commission du Renseignement, où une trentaine d'élus, démocrates et républicains, peuvent interroger les témoins.

Pour freiner la progression de l'enquête, au terme de laquelle les démocrates - majoritaires à la Chambre - peuvent voter un "impeachment" de Donald Trump, les élus républicains dénoncent un manque de transparence.

Mardi, c'est le diplomate américain Bill Taylor, en poste en Ukraine, qui s'est exprimé pendant 10 heures - un témoignage qui a conforté les démocrates dans leurs soupçons. Ce dernier a relaté comment le président de la première puissance mondiale avait essayé de faire pression sur l'Ukraine pour que ce pays enquête sur la famille de son rival démocrate Joe Biden à l'approche de l'élection de 2020.