Election de Joe Biden : "C'est surtout la fin d'un cauchemar pour beaucoup d'Américains plus qu'une vague d'espoir", estime un historien

Romain Huret, historien spécialiste des États-Unis, réagit aux scènes de liesse vues ce samedi dans de nombreuses grandes villes des Etats-Unis après l'annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une foule célèbre la victoire de Joe Biden aux Etats-Unis, le 7 novembre 2020. (OLIVIER DOULIERY / AFP)

"C'est surtout la fin d'un cauchemar pour beaucoup d'Américains plus qu'une vague d'espoir", estime samedi 7 novembre sur franceinfo Romain Huret, historien spécialiste des États-Unis, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il réagit aux scènes de liesse vues samedi dans de nombreuses grandes villes des Etats-Unis après l'annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, alors que des partisans de Trump contestent le résultat dans la rue.

>> DIRECT. Élection américaine : Joe Biden va s'exprimer pour la première fois comme président élu cette nuit

Ces scènes de liesse montrent à la fois "la joie que ça soit fini, parce que les Américains attendent depuis cinq longues journées, mais aussi le soulagement pour beaucoup d'Américains, et le camp démocrate notamment, qui subissent depuis quatre ans l'administration Trump (…)''

C'est un espoir que les temps meilleurs pourraient arriver après ces années très sombres et très difficiles pour les électeurs démocrates. 

Romain Huret, historien

à franceinfo

Des partisans de Donald Trump manifestent également ce samedi, notamment dans les rues d'Atlanta, pour contester le résultat de l'élection. "Ce qui est très frappant, c'est la contestation de l'élection le jour même de l'annonce des résultats, un jour un peu sacré, poursuit l'historien. Cela s'est produit dans le passé, mais rarement le jour où les résultats sont annoncés. Les présidents et les anciens présidents sont très respectés aux Etats-Unis et c'est un moment solennel.'' ''On se souvient que quand Hillary Clinton a perdu alors qu'elle avait plus de votants que Trump, il n'y avait aucune manifestation de la part du parti démocrate qui a accepté et elle-même a appelé très vite Donald Trump pour le féliciter de son élection. Donc, on est dans une situation tout à fait exceptionnelle", estime le politologue.

Romain Huret souligne que le président sortant a envoyé des messages d'une violence rare en disant qu'il avait gagné : ''Ça ne s'est jamais produit dans l'histoire des Etats-Unis, même dans les pires crises politiques. Je pense à la guerre civile par exemple au 19e siècle, le candidat qui perdait reconnaissait et remerciait son électorat et félicitait le vainqueur." Habituellement, le candidat perdant appelle le "président élu" pour le féliciter. "C'est un rituel. Il doit l'inviter à la Maison Blanche pour préparer la transition. C'est aussi un rituel très important aux Etats-Unis, mais il y a fort à parier que la transition se passe très mal", estime Romain Huret. Il rappelle que Donald Trump et ses avocats ont annoncé qu'ils "allaient porter toutes les plaintes possibles devant les tribunaux".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.