Donald Trump admet (enfin) que Barack Obama est né aux Etats-Unis

Le candidat républicain a reconnu, vendredi, que le président Barack Obama était né sur l'archipel américain d'Hawaï. Un retournement spectaculaire qui met fin aux rumeurs qu'il alimentait sur la question depuis plusieurs années.

Donald Trump prononce un discours lors d\'une rencontre avec des anciens combattants à Washington (Etats-Unis), vendredi 16 septembre 2016.
Donald Trump prononce un discours lors d'une rencontre avec des anciens combattants à Washington (Etats-Unis), vendredi 16 septembre 2016. (MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Tentant de mettre fin à une invraisemblable controverse, Donald Trump a reconnu vendredi 16 septembre que le président Barack Obama était bien né aux Etats-Unis, un "point final" qu'il refusait d'apposer depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.

"Le président Barack Obama est né aux Etats-Unis, point final", a déclaré le candidat républicain à la Maison Blanche dans une brève déclaration à Washington, alors que la polémique sur cette théorie du complot était revenue à la une, jeudi, via une interview au Washington Post (article en anglais).

Depuis des années et jusqu'à jeudi soir, le milliardaire refusait absolument de reconnaître le fait, documenté, que Barack Obama est né dans l'archipel américain d'Hawaï, d'une mère américaine et d'un père kényan. Il avait alimenté cette théorie du complot visant à délégitimer son élection en 2008, prenant la tête d'un mouvement dit des "birthers". La Constitution est ambigüe mais beaucoup estiment qu'elle stipule que le président doit être né sur le territoire.

Une courte déclaration

L'absurdité du débat sur son lieu de naissance n'a pas amusé l'intéressé, alors que l'élection de son successeur aura lieu dans 53 jours. "J'aimerais que l'élection présidentielle porte sur des sujets plus sérieux que celui-ci", a-t-il dit vendredi, consterné, depuis la Maison Blanche, où il rencontrait des élus pour parler du traité de libre-échange transpacifique. "J'ai toujours été très serein sur mon lieu de naissance, comme la plupart des gens, d'ailleurs, a-t-il aussi déclaré. Je suis choqué qu'une question pareille puisse être évoquée quand nous avons tant d'autres choses à faire... En fait, je ne suis pas vraiment choqué."

Toute la presse politique a donc suivi, haletante, une interminable conférence de presse au nouvel hôtel Trump de Washington, où le républicain avait donné rendez-vous pour clarifier sa position. Les chaînes d'information ont diffusé l'événement en direct, montrant d'anciens militaires défilant au podium pour louer le leadership du candidat, jusqu'à ce que le milliardaire prenne enfin la parole, dans l'une des déclarations les plus courtes de sa carrière politique. 

Mais souhaitant apparemment avoir le dernier mot, il a répété le mensonge que c'était l'équipe d'Hillary Clinton qui avait créé ces rumeurs sur Barack Obama. "Hillary Clinton et sa campagne de 2008 ont commencé la controverse des 'birthers', j'y ai mis fin", a-t-il dit, une accusation maintes fois ridiculisée. La candidate démocrate avait vu, dans l'interview accordée jeudi par Donald Trump au Washington Post, l'occasion de raviver ses attaques contre le "racisme" du républicain, qui la rattrape dangereusement dans les sondages.

Obama avait fini par publier son acte de naissance

Il faut remonter au premier mandat de Barack Obama pour trouver les racines de cette théorie du complot que Donald Trump, alors simple homme d'affaires et vedette de télévision, a défendu avec intensité. La rumeur a pris tellement d'ampleur que Barack Obama a fini par publier son acte de naissance complet, lors d'une conférence de presse en 2011 – un geste extraordinaire que Donald Trump s'est félicité d'avoir forcé. Mais qui n'avait jamais poussé le républicain à admettre lui-même que le président était légitime.

En 2012, il a même écrit sur Twitter que, selon une de ses sources, l'acte de naissance complet était falsifié. Et en 2014, il avait appelé au piratage des dossiers académiques de Barack Obama, afin de vérifier le lieu de naissance.