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Donald Trump en Israël : un président "imprévisible" et sans "aucun argument" pour la paix

Donald Trump est en visite officielle en Israël, un déplacement symbolique et une "opportunité rare" pour relancer le processus de paix selon lui, mais "une pensée magique" pour Frédéric Encel, géopoliticien. 

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Radio France
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Le président américain Donald Trump et son homologue israëlien Reuven Rivlin le 22 mai 2017 à Jérusalem.  (NOAM MOSKOVITZ / REUTERS)

Donald Trump est arrivé en Israël lundi 22 mai, deuxième étape de sa première tournée internationale, après l'Arabie Saoudite. Le président américain estime que cette visite est "une rare opportunité" de paix. Il s'est rendu dans la vieille ville de Jérusalem, jusqu'au au mur des Lamentations [site de prière le plus sacré pour les juifs], une première pour un président américain en exercice.

Mais, la politique de Donald Trump est avant tout caractérisée par "l'imprévisibilité", a rappelé sur franceinfo, Frédéric Encel. Le géopoliticien, spécialiste du Moyen-Orient, et fondateur des Rencontres internationales géopolitiques de Trouville, ne voit pas comment Donald Trump pourrait relancer le processus de paix.

franceinfo : La venue de Donald Trump devant le mur des Lamentations est-elle historique ?

Frédéric Encel : Oui, d'abord parce que c'est la première fois, et ensuite parce qu'en droit international cette zone s'inscrit dans Jérusalem-Est, annexée par Israël dans les années 80 et non reconnue par les Nations Unies. C'est un geste vis-à-vis des Israéliens pour compenser la déception concernant la promesse de Donald Trump, de transférer l'ambassade des États-Unis [de Tel-Aviv] à Jérusalem et qu'il a repoussée.

Donald Trump peut-il réussir là où Barak Obama a échoué ? Peut-il relancer le processus de paix ?

Non, là on est dans la pensée magique. Quand Trump dit c'est une "rare opportunité" de paix, je ne vois pas à quoi il fait référence. D'ailleurs, il ne prononce aucun argument, alors que pour moi, il faut deux conditions fondamentales pour que le processus de paix puisse se remettre sur les rails : d'abord que les Israéliens ne soient pas dirigés par un gouvernement trop nationaliste - et pour l'instant, c'est raté - et que les Palestiniens soient un minimum unis - ce qui n'est pas le cas. La deuxième condition, c'est que les États-Unis doivent pousser les partenaires à revenir à la table des négociations et Donald Trump n'a pas la possibilité ni la capacité de le faire. Je suis spécialiste du Moyen-Orient, mais je suis incapable de vous dire quelle sera la ligne stratégique adoptée par le président Trump au Proche-orient.

L'imprévisibilité de Donald Trump est-elle une difficulté ou un atout ?

En géopolitique, on dit souvent que la prévisibilité, c'est la matière géopolitique précieuse. C'est-à-dire qu'on préfère un président brutal, tranché mais prévisible et là, malheureusement, on n'y est absolument pas.

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