Donald Trump en Arabie saoudite : une "visite de réconciliation"

Pour la responsable du programme Amérique du Nord à l’Institut français des relations internationales, Laurence Nardon, cette visite a pour but de "renouer des liens de confiance avec cet allié".

Le président Donald Trump à Riyad, en Arabie saoudite, le 20 mai 2017.
Le président Donald Trump à Riyad, en Arabie saoudite, le 20 mai 2017. (MANDEL NGAN / AFP)

Le président des États-Unis, Donald Trump, est arrivé à Riyad, en Arabie saoudite, première étape de son premier déplacement officiel à l'étranger depuis son investiture le 20 janvier. L’Arabie saoudite est un allié historique des États-Unis que Donald Trump semble avoir protégé, puisqu'il ne fait pas partie des 7 pays touchés par le décret anti-musulman fin janvier.

Selon Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord à l’Institut français des relations internationales (Ifri), cette visite se veut être une visite de "réconciliation" après l'ère Obama. "Pour l’Arabie saoudite, le partenariat avec les Etats-Unis est très important", a expliqué Laurence Nardon.

franceinfo : Dans quel état d'esprit arrive l'équipe de Donald Trump à Riyad ?

Laurence Nardon : L’administration Trump arrive en Arabie saoudite avec l’idée de renouer des liens de confiance avec cet allié qui, comme Israël, s’est considéré comme relativement mal traité par l’administration Obama. Ce dernier avait voulu tendre la main à l’Iran et avait voulu ramener les chiites au sein des discussions dans la région. Cette visite se veut donc être une visite de réconciliation.

Le roi Salman appelle-t-il donc à un nouveau partenariat ?

Oui, absolument. Pour l’Arabie saoudite, le partenariat avec les Etats-Unis est très important. Les Etats-Unis lui achètent moins de pétrole parce qu’ils se fournissent chez eux et en Amérique latine, mais ils continuent à vendre beaucoup d’armes au royaume saoudien qui en a bien besoin pour les opérations qu’il mène au Yémen par exemple.

Dans quel domaine les Etats-Unis peuvent-ils compter sur l’Arabie saoudite ?

Dans l’esprit de Donald Trump qui s’intéresse avant tout à la sécurité des citoyens américains, il y a le sujet du terrorisme. L’Arabie saoudite a été accusée d’avoir été derrière la montée du terrorisme sunnite, c'est-à-dire de Daech et d'al-Qaïda. Pour les Etats-Unis, il est important de signifier à l’Arabie saoudite qu’elle doit être du bon côté dans ce combat. Cela va être difficile de vérifier que Riyad ne finance plus ou ne soutient plus, même intellectuellement, ces groupes terroristes. Mais il est vrai que l’on attend des gages de ce point de vue-là. Ce qu’Obama avait réclamé, je ne pense pas que Trump le fera de manière aussi forte, c’est un arrêt des attaques contre les civils au Yémen. L’Arabie saoudite est en effet engagée dans une lutte contre les rebelles houthis au Yémen qui sont liés avec l’Iran. Cette guerre fait énormément de pertes civiles.

Quels sont les enjeux économiques de la visite de Donald Trump à Riyad ?

Les liens entre les deux pays sont aussi économiques. On parle de 110 milliards de dollars de contrats de ventes d’armes pour les 10 ans qui viennent entre les États-Unis et Riyad. L’Arabie saoudite réclame des armements très sophistiqués. Les États-Unis n’ont pas envie de tout vendre, notamment les F-35, des avions de chasse très performants, car cela inquiéterait Israël. Il faut donc voir ce qu’ils arrivent à négocier sur ce plan-là.

Laurence Nardon : "Cette visite se veut donc être une visite de réconciliation"
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