Donald Trump dévoile ses ambitions en matière de politique étrangère

Donald Trump, le favori des primaires républicaines aux Etats-Unis, a déclaré qu'il entendait revoir la politique étrangère américaine dans une direction moins interventionniste. 

Le candidat à la primaire républicaine, Donald Trump, lors d\'un meeting à Indianapolis, aux Etats-Unis, le 27 avril 2016. 
Le candidat à la primaire républicaine, Donald Trump, lors d'un meeting à Indianapolis, aux Etats-Unis, le 27 avril 2016.  (JOHN SOMMERS II / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Faire construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, tisser des liens avec Vladimir Poutine, "faire disparaître" Kim Jong-un, le leader nord-coréen... En matière de politique étrangère, Donald Trump est connu pour ses déclarations fracassantes. Mercredi 28 avril, le favori de la primaire républicaine a tenté, dans un discours de près de 40 minutes, de définir sa vision pour l'international. Voici ce qu'il faut en retenir.

La priorité à l'Amérique

Le milliardaire a fait sa campagne sur l'idée de redonner de la grandeur à l'Amérique (avec son slogan "Make America great again"). Et pour lui, cela passe par le fait de se faire respecter dans le monde. Il a ainsi feint d'être particulièrement vexé que le président cubain et le roi saoudien n'aient pas accueilli en personne Barack Obama lors des récentes visites du président des Etats-Unis à Cuba et en Arabie saoudite. 

"Ma politique étrangère placera toujours les intérêts des Américains et la sécurité de l'Amérique avant toute autre chose, a répété Donald Trump. 'L'Amérique d'abord' sera le thème majeur de mon administration." Le candidat républicain s'est aussi montré un brin nostalgique lorsqu'il a évoqué le rôle des Etats-Unis – qui ont "sauvé le monde" – durant la seconde guerre mondiale et la Guerre froide.

Un retour à l'isolationnisme 

Il n'a pas prononcé le mot "isolationnisme", mais il a dû le penser très fort. Dès le début de son intervention, Donald Trump a mis en garde les alliés de Washington, notamment les pays de l'Otan : "Les pays que nous défendons doivent payer pour le coût de leur défense. Sinon, les Etats-Unis doivent être prêts à laisser ces pays se défendre eux-mêmes", a-t-il menacé. 

Rejetant ce qu'il a appelé "les sirènes du globalisme", Donald Trump a encore dénoncé "l'arrogance" de la politique étrangère américaine en Irak, en Libye et en Egypte. Il a prôné une politique moins interventionniste : "Tout a commencé avec l'idée dangereuse que nous pouvions transformer en démocratie occidentale des pays qui n'ont aucune expérience ou aucun intérêt à devenir des démocraties occidentales", a-t-il dit en allusion à l'invasion de l'Irak en 2003.

"Contrairement à d'autres candidats présidentiels, la guerre et l'agression ne seront pas mon premier instinct, a poursuivi le magnat de l'immobilier. Nous ne pouvons pas avoir de politique étrangère sans diplomatie, une superpuissance comprend que la prudence et la retenue sont les véritables signes de la force." Cela dit, pas question de restreindre le budget de la défense : tout en déplorant l'endettement public américain, il s'est engagé à "dépenser ce qu'il faut" pour l'augmenter.

Des relations privilégiées avec des pays "amis"

Isolationniste, mais pas tout le temps, ni avec tout le monde. Donald Trump a accusé Barack Obama d'avoir abandonné certains alliés, comme Israël, et d'avoir lâché le président égyptien Hosni Moubarak en 2011. "Nos amis doivent pouvoir compter sur les accords que nous avons passés avec eux, a-t-il dit. L'Amérique va redevenir un ami et un allié fiable." 

"Nos amis et nos ennemis doivent savoir que si je trace une ligne rouge, je respecterai cette ligne rouge", a-t-il encore prévenu, sans entrer dans le détail. Enfin, Donald Trump a promis de renouer le lien avec la Russie et la Chine grâce à ses talents de négociateur. "Nous ne sommes pas condamnés à être adversaires", a-t-il dit à propos de Vladimir Poutine et du pouvoir russe.

L'objectif d'éliminer "rapidement" l'Etat islamique

Reprenant la ligne du parti républicain, le candidat new-yorkais a défini "l'islam radical" comme l'ennemi numéro un du pays. Le milliardaire a promis d'annihiler le groupe Etat islamique. "Ses jours sont comptés, a-t-il prévenu. L'Etat islamique disparaîtra si je suis élu président, et il disparaîtra rapidement. Très, très rapidement." En revanche, il n'a pas détaillé les moyens par lesquels il comptait relever ce défi : "Je ne vais pas leur dire où ni comment. Nous devons, en tant que pays, être plus imprévisibles."