Dans les pas de Trump, J-2 : un meeting sous tension à Reno dans le Nevada

A deux jours de l'élection, le meeting de Donald Trump à Reno, dans le Nevada, a été marqué par l'évacuation en urgence du candidat sous la protection du "Secret Service".

Les services de sécurité ont évacué Donald Trump de la scène lors d\'un meeting à Reno (Nevada) le 5 novembre 2016.
Les services de sécurité ont évacué Donald Trump de la scène lors d'un meeting à Reno (Nevada) le 5 novembre 2016. (MANDEL NGAN / AFP)

Les images tournent en boucle sur les chaînes d’information aux États-Unis. On voit Donald Trump en plein discours quand soudain il s’arrête. Un homme vient de crier « arme » dans le public. Après quelques secondes de flottement, Donald Trump est évacué brusquement par les agents du « Secret Service » chargés de sa protection.

A Reno (Nevada), Donald Trump évacué de la scène - les explications de Benjamin Illy
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Quelques minutes plus tard, la musique du meeting repart, Donald Trump revient sur scène, très calme pour terminer son discours et réagir à l’incident. "Personne n’a dit que ce serait facile pour nous", déclare le milliardaire, "mais personne ne nous arrêtera." Donald Trump ne traîne pas pour se poser en victime et tenter de surfer politiquement sur l’interruption du meeting.

Une enquête est en cours pour établir les circonstances exactes de cet incident. Une fausse alerte puisqu'aucune arme n’a été retrouvée sur les lieux. Pourtant tout cela traduit bien une chose : la tension qui monte à l’approche de l’élection.

C’est assez systématique, chaque jour, des manifestant sont expulsés des meetings de Donald Trump. D’habitude, cela se limite à quelques sifflets et aux remontrances du milliardaire. Mais cette fois, c’est le candidat qui a dû être évacué lui aussi.

Donald Trump à un train d'enfer

Ces derniers jours, le candidat républicain s'est engagé dans un véritable marathon. En une journée, il peut faire trois, quatre, voire cinq meetings. Un "agenda très agressif" dit son équipe de campagne. Une véritable boulimie de réunion publique grand format, avec parfois 10 000 à 15 000 personnes pour en mettre plein les yeux et pour chasser les voix des indécis.

Donald Trump veut croire que la dynamique est de son côté, à l’appui des sondages encourageants. Pourtant, il y a deux semaines, il ne croyait pas à ces mêmes sondages, quand il était donné largement perdant.

Donald Trump veut endosser le costume de président

Surtout  le milliardaire a livré quelques discours un peu plus cadrés, moins enfiévrés, comme s’il cherchait à se discipliner, à se présidentialiser, quitte à assumer publiquement, et à sa manière évidemment, cette stratégie. "Il faut être gentil, il faut être cool. Reste concentré, Donald. Pas d'écarts Donald. Vas-y doucement, gentil", a déclaré le candidat républicain lors d'un discours à Pensacola, en Floride, la semaine dernière.

Mais chasser le naturel, il revient au galop. "J'ai vu Hillary ces derniers temps, elle est devenue complètement folle. Nous, on ne veut pas de ça", a lancé Donald Trump dans le même discours. Le milliardaire ne peut pas s’en empêcher, il tacle sa rivale sans ménagement au plus grand plaisir de la foule, qui, il faut l’avouer, vient aussi aus spectacle dans les meetings du milliardaire.