Comment les démocrates tentent de bloquer le travail de Trump

Boycotts, demandes d'informations, délais de procédure... Deux semaines après l'investiture de Donald Trump, l’opposition démocrate joue la montre sur beaucoup de dossiers, pour empêcher le président américain d'avancer.

Donald Trump dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, le 29 janvier 2017.
Donald Trump dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, le 29 janvier 2017. (AUDE GUERRUCCI / DPA / AFP)

Les relations entre Donald Trump et les démocrates n'étaient déjà pas bonnes, elles sont aujourd'hui très mauvaises. Depuis sa prise de fonctions à la Maison Blanche, vendredi 20 janvier, les démocrates utilisent tous les moyens possibles pour bloquer le travail de l'administration du 45e président des Etats-Unis. Une obstruction exceptionnelle que franceinfo vous résume en trois points.

En retardant la nomination du gouvernement 

Dans le système politique américain, les nominations des principaux membres de l'administration doivent être confirmées par des commissions parlementaires, comprenant du coup des élus démocrates. Or, ces derniers traînent des pieds pour remplir les fauteuils de l'équipe de Donald Trump. Seuls cinq ministres ou hauts responsables sur quinze ont à ce jour été confirmés. Il s'agit de James Mattis à la Défense, de John Kelly à la Sécurité intérieure, de Mike Pompeo à la CIA, de Nikki Haley à l'ONU et d'Elaine Chao aux Transports.  

Ce retard dans les nominations concerne notamment la Justice, l'Education et l'Intérieur. En attendant, ce sont des employés issus de l'administration précédente qui assurent l'intérim. Au même stade, en 2001, George W. Bush avait déjà la totalité de son équipe. Et en 2009, on connaissait douze des quinze membres de l'administration de Barack Obama. 

En ciblant les ministres à bloquer

Dès l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le camp démocrate a établi une liste de ministres à cibler en priorité. Parmi eux, les très controversés Steven Mnuchin (annoncé au Trésor) et Tom Price (pressenti à la Santé). Pour parvenir à leurs fins, les sénateurs démocrates ont donc décidé de boycotter les auditions auxquelles sont obligatoirement soumis les candidats aux postes de ministres. 

Le chef des démocrates Chuck Schumer a justifié ces bloquages en expliquant qu'il n'avait "jamais vu de cabinet peuplé d'autant de banquiers et de milliardaires", "avec autant d'énormes conflits d'intérêts et si peu d'expérience et d'expertise dans les domaines sur lesquels ils auront autorité". 

Des obstacles à répétitions qui ont tendance à agacer Donald Trump. "Ils devraient avoir honte ! Et après, on s'étonne que rien ne fonctionne à Washington !", s'est agacé le milliardaire sur Twitter.

Ces bloquages devraient continuer encore quelque temps, puisque Chuck Schumer a annoncé mardi 31 janvier qu'il voterait systématiquement contre la nomination des ministres qui n'auront pas rejeté le décret anti-immigration mis en place par Donald Trump.

En prenant le risque d'être le "parti du non"

Il y a comme un air de revanche dans le ciel de Washington. Les démocrates, qui ont vu la plupart de leurs efforts systématiquement bloqués pendant une bonne partie des années Obama par un Congrès à majorité républicaine, ont enfin l'occasion de rendre la pareille. Mais le danger, pour les 48 sénateurs démocrates, est d'apparaître aux yeux des Américains comme le "parti du non"

Pour le moment, cela ne semble pas les effrayer. La preuve, ils menacent à présent de bloquer la nomination à la Cour suprême du juge conservateur Neil Gorsuch. Contrairement aux autres nominations, la barre est fixée à 60 voix sur 100 pour ce poste. La bataille devrait donc durer encore "plusieurs mois", a déjà prévenu le démocrate Dick Durbin.