Pourquoi la nomination de Wonder Woman comme ambassadrice de l'ONU ne plaît pas à tout le monde

L'ONU a choisi ce personnage de bande dessinée américaine pour promouvoir les droits des femmes, malgré les critiques d'organisations féministes et d'une partie de son personnel.

L\'actrice Lynda Carter, qui a incarné Wonder Woman au cinéma, lors d\'une conférence au siège des Nations Unies, à New York (Etats-Unis), le 21 octobre 2016.
L'actrice Lynda Carter, qui a incarné Wonder Woman au cinéma, lors d'une conférence au siège des Nations Unies, à New York (Etats-Unis), le 21 octobre 2016. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Elle est censée promouvoir les droits des femmes. Wonder Woman, un personnage de bande dessinée américaine, a officiellement été désignée ambassadrice honoraire des Nations unies, vendredi 21 octobre. Elle mettra ses super-pouvoirs au service d'une campagne onusienne d'un an sur l'émancipation des femmes et des filles. Les actrices Lynda Carter et Gal Gadot, qui l'ont toutes les deux incarnée sur grand écran, étaient présentes pour l'occasion au siège de l'ONU, à New York (Etats-Unis).

Le lancement de cette campagne coïncide avec le 75e anniversaire de la première apparition de Wonder Woman dans un comic book, pendant la seconde guerre mondiale. Cette annonce a été marquée par la présence de quelques dizaines de protestataires, femmes et hommes, au siège de l'ONU. Debout au fond de la salle, ils ont tourné le dos au podium, certains d'entre eux levant le poing.

Des opposants à la nomination de Wonder Woman en tant qu\'ambassadrice honoraire des Nations unies lors d\'une cérémonie au siège de l\'organisation, à New York (Etats-Unis), le 21 octobre 2016.
Des opposants à la nomination de Wonder Woman en tant qu'ambassadrice honoraire des Nations unies lors d'une cérémonie au siège de l'organisation, à New York (Etats-Unis), le 21 octobre 2016. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)

"Tant de femmes réelles auraient pu être choisies"

Une partie des employés des Nations unies et certaines organisations féministes critiquent ce choix. Shazia Rafi, une des dirigeantes du mouvement She4SG qui a milité pour nommer une femme à la tête de l'ONU, juge ainsi "ridicule" d'avoir choisi comme modèle à suivre un personnage de fiction. "Il y a tant de femmes bien réelles qui auraient pu être choisies."

Une pétition, signée par 350 employés de l'ONU, avait également circulé pour demander au secrétaire général Ban Ki-moon d'abandonner ce projet. Sur un site internet créé par ces protestataires, ils affirment que Wonder Woman est "l'incarnation de la pin-up : une femme blanche à la poitrine opulente et aux mensurations improbables". Les commentaires postés sont cinglants : "mauvaise plaisanterie", "insulte faite aux femmes", "il vaudrait mieux nommer plus de femmes à des postes de direction à l'ONU".

Pour l'adjointe à la communication de Ban Ki-moon, Cristina Gallach, "les valeurs incarnées par Wonder Woman" comptent plus que son apparence. Elle a ainsi salué "l'engagement de Wonder Woman en faveur de la justice, la paix et l'égalité"Lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte, elle a aussi fait valoir que l'ONU avait nommé de nombreuses "ambassadrices en chair et en os" dont l'actrice Emma Watson, la prix Nobel de la paix Leymah Gbowee ou la reine Mathilde de Belgique.