Mort de George Floyd : une journée de manifestations pacifiques aux Etats-Unis

Les rassemblements se poursuivent durant le week-end pour dénoncer les violences policières. 

Des manifestants devant le mémorial Lincoln afin de dénoncer les violences policières aux Etats-Unis, samedi 6 juin 2020 à Washington (Etats-Unis).
Des manifestants devant le mémorial Lincoln afin de dénoncer les violences policières aux Etats-Unis, samedi 6 juin 2020 à Washington (Etats-Unis). (OLIVIER DOULIERY / AFP)

A Washington, Philadelphie ou New York… Des dizaines de milliers d'Américains ont manifesté, dans le calme, contre le racisme et les brutalités policières, samedi 6 juin, lors d'une journée marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd.

Sous un soleil de plomb, s'arrêtant parfois pour poser un genou à terre, une foule dense a envahi les rues de la capitale fédérale américaine, aux abords de la Maison Blanche, du Capitole ou encore du mémorial de Lincoln. C'est devant cet imposant monument que le pasteur d'Atlanta Martin Luther King avait, le 28 août 1963, face à près de 250 000 personnes, lancé "I have a dream" dans un discours devenu une référence de la lutte des droits civiques.

Des manifestants devant le Capitole, le 6 juin 2020 à Washington (Etats-Unis).
Des manifestants devant le Capitole, le 6 juin 2020 à Washington (Etats-Unis). (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Contrairement à ce mouvement emblématique des années 60, ou aux autres rassemblements que la capitale à l'habitude d'accueillir, les manifestations de samedi n'étaient pas centrées sur un événement ou une allocution.

Une cérémonie d'hommage à George Floyd

Plus d'une dizaine de collectifs, dont plusieurs se sont formés spontanément sur les réseaux sociaux après la mort de George Floyd, avaient appelé à descendre dans les rues de la capitale. Sur l'imposant grillage dressé devant la résidence de Donald Trump ont été accrochées des représentations de George Floyd, Michael Brown, Trayvon Martin, Breonna Taylor, des Afro-Américains morts aux mains de la police américaine ces dernières années. Présente sur place, la maire de Washington Muriel Bowser, cible des tweets moqueurs du président américain, a jugé qu'il était temps de dire "Au suivant" en novembre, en référence à l'élection présidentielle prévue dans 150 jours.

Après une première cérémonie émouvante à Minneapolis jeudi, les proches de cet homme de 46 ans asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation lui ont rendu un nouvel hommage dans l'intimité familiale à Raeford, dans son Etat natal de Caroline du Nord. Ses obsèques sont prévues le 9 juin à Houston (Texas).

Les proches de George Floyd lui ont rendu un nouvel hommage dans l\'intimité familiale à Raeford, en Caroline du Nord (Etats-Unis), samedi 6 juin 2020.
Les proches de George Floyd lui ont rendu un nouvel hommage dans l'intimité familiale à Raeford, en Caroline du Nord (Etats-Unis), samedi 6 juin 2020. (POOL NEW / REUTERS)

Les nouveaux exemples de violences policières, notamment lors de la répression de ces protestations parfois violentes, nourrissent la colère à l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd. Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

Plusieurs villes ont levé leur couvre-feu

En prévision des nouvelles manifestations, le chef de la police de Seattle a annoncé l'interdiction du recours au gaz lacrymogène pour trente jours. La police de Minneapolis a aussi annoncé qu'elle interdisait dorénavant les "prises d'étranglement", technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris – "Je ne peux pas respirer" – ont également été prononcés par George Floyd juste avant sa mort.

Les marches, ces derniers jours, sont restées pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont désormais levé leur couvre-feu. A New York, il est maintenu jusqu'à dimanche soir. Entraîné par une mobilisation massive sur les réseaux sociaux, le mouvement s'est étendu jusqu'à Londres, Pretoria, Paris ou encore Sydney et Auckland.