Les premiers migrants de la caravane partie du Honduras atteignent la frontière avec les Etats-Unis

Les États-Unis ont déployé des milliers de militaires à la frontière avec le Mexique.

Des migrants, pour la plupart Honduriens, sont arrivés le 13 novembre 2018 à Tijuana (Mexique), ville-frontière avec les Etats-Unis.
Des migrants, pour la plupart Honduriens, sont arrivés le 13 novembre 2018 à Tijuana (Mexique), ville-frontière avec les Etats-Unis. (GUILLERMO ARIAS / AFP)

Plusieurs centaines de migrants de la caravane partie il y a un mois du Honduras ont atteint la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Des journalistes de l'AFP ont constaté que plusieurs groupes étaient arrivés à Tijuana, dans l'État mexicain de Basse Californie, une ville-frontière qui jouxte San Diego en Californie. Une centaine de migrants sont arrivés dimanche et 350 autres les ont rejoints mardi 13 novembre.

Tous appartiennent à la caravane composée en majorité de Honduriens partie le 13 octobre de la ville de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras. Emus d'être enfin arrivés, courant sur la plage ou se baignant, certains passaient la tête entre les barreaux des hautes clôtures métalliques de la frontière, comme pour contempler leur rêve américain.

Pour la première fois depuis le début de leur périple, les migrants du reste de la caravane, qui traversent l'État de Sinaloa, dans l'ouest du Mexique, n'ont pas passé la nuit dans un campement. Ils ont atteint mardi en fin de journée un vaste parking pour poids-lourds doté de sanitaires et de l'électricité sur l'autoroute de La Concha, dans le sud de cet État, qui aurait pu leur servir de lieu de repos. Mais ils ont préféré poursuivre leur route. Prochaine étape, Navojoa, dans le vaste État de Sonora, frontalier des États-Unis.

Les Etats-Unis déploient des militaires à la frontière

Dans l'attente de l'arrivée de plusieurs milliers de migrants, les États-Unis ont de leur côté déployé des milliers de militaires à la frontière avec le Mexique, tandis que le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, devait dans ce contexte effectuer mercredi une visite à McAllen au Texas. Aux abords de Tijuana, les autorités américaines ont réduit les voies d'accès pour les automobiles et installé des barrières en ciment ainsi que des barbelés, tout comme aux postes-frontière de San Ysidro et d'Otay Mesa qui mènent aussi en Californie.

Le 9 novembre, le président américain Donald Trump a signé un décret qui permet de rejeter automatiquement les demandes d'asile déposées par des personnes ayant traversé illégalement la frontière avec le Mexique, pour tenter de dissuader les migrants de poursuivre leur route.

Selon les Nations unies, la caravane a compté jusqu'à 7 000 migrants, mais nombre d'entre eux ont abandonné en route ou se sont détachés en petits groupes du cortège principal. Ils sont 6 011 (dont 902 mineurs) à être parvenus à Guadalajara, dans l'État de Jalisco (ouest), selon des chiffres des autorités locales. Outre des Honduriens, des ressortissants du Chili, de Colombie, de Costa Rica, du Salvador, du Guatemala, du Mexique, du Nicaragua, du Panama, du Pérou et du Venezuela se sont joints au cortège. Deux autres caravanes, d'environ 2 000 personnes chacune, ont également pris le chemin des États-Unis à partir de l'Amérique centrale.