Le fondateur du magazine "Playboy", Hugh Hefner, est mort à l'âge de 91 ans

L'Américain a fondé un empire médiatique sur son mode de vie libertin, avec son titre phare, vendu dans plus de 20 pays.

Le fondateur du magazine \"Playboy\", pose dans son manoir de Los Angeles, le 27 juillet 2010. 
Le fondateur du magazine "Playboy", pose dans son manoir de Los Angeles, le 27 juillet 2010.  (LUCY NICHOLSON / REUTERS)

Créé en 1953, son magazine a accompagné la révolution sexuelle des années soixante et n'a jamais cessé de se renouveler au fil des époques. Hugh Hefner, fondateur du magazine érotique Playboy, est mort mercredi 27 septembre, à l'âge de 91 ans, a annoncé le groupe Playboy Enterprises. L'Américain, que le magazine Time a appelé "le prophète de l'hédonisme pop", "s'est éteint paisiblement à son domicile", précise le communiqué. Hugh Hefner vivait entouré de jeunes femmes blondes dans son manoir, la "Playboy Mansion". Il s'était marié pour la troisième fois en 2012, à l'âge de 86 ans, à une jeune femme de 60 ans sa cadette, Crystal Harris.

Son magazine, facilement reconnaissable à son logo en forme de lapin, a rapidement acquis de la notoriété avec ses photos de femmes dénudées. Il a servi de base à son fondateur pour bâtir un empire commercial fondé sur son mode de vie libertin. Le titre est désormais vendu dans plus de 20 pays à travers le monde, selon Playboy Enterprises.

La nudité comme identité 

En octobre 2015, le directeur général de Playboy Enterprises, Scott Flanders, avait annoncé la fin de la nudité dans le magazine, afin d'élargir l'audience du groupe et de relancer les ventes. Il était encouragé dans cette voie par le succès du site internet, qui ne montrait plus que des femmes vêtues, même légèrement.

Mais quelques mois plus tard 2016, Cooper Hefner, fils de Hugh Hefner, avait pris la décision de renouer avec l'"identité" de la célèbre revue américaine, en publiant à nouveau des clichés de femmes nues. "Je serai le premier à admettre que la façon dont la nudité était représentée était désuète, mais la supprimer intégralement était une erreur. La nudité n'est pas un problème, elle ne l'a jamais été", avait-il déclaré. 

Hommages et critiques 

Sur Twitter, de nombreuses célébrités se sont émues de la mort du fondateur de Playboy, "icône américaine" et puissant homme de médias. De la star Kim Kardashian, "honorée d'avoir fait partie de la famille Playboy" en faisant notamment sa couverture en 2007, au révérend Jesse Jackson, pasteur et militant des droits des Noirs, saluant "un grand soutien du mouvement des droits civiques", de nombreuses personnalités lui ont rendu hommage. 

Cependant, certaines voix s'élèvent pour nuancer ce portrait, pointant du doigt le rôle de Hugh Hefner dans la présentation d'un idéal féminin déstiné à satisfaire les hommes. Ainsi, la comédienne et auteure Lena Dunham admet que "nous n'aurions pas été d'accord sur... vous savez... des trucs (...)".  Pour l'auteure américaine Bess Kalb, Hugh Hefner "est l'homme qui, avant l'ère d'internet, a donné au garçon de notre entourage un goût pour des critères de beauté que nous n'allions jamais atteindre", écrit-elle. Elle déplore le changement de ligne, en faisant référence aux débuts du magazine : "Les Hunter S. Thompson et les Joan Didion, de la radicalité politique et de la sophistication suave n'a pas duré. La marque a changé et nous a vendu le contraire", déplore-t-elle au sujet de ce magazine qui a incontestablement marqué la pop culture américaine, et au-delà. 

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