Le baron noir de la drogue Frank Lucas, qui avait inspiré le film "American Gangster", est mort

Cet Américain aura été l'un des grands pourvoyeurs d'héroïne à New York mais aussi de Newark, principale ville du New Jersey, entre la fin des années 1960 et le début des années 1970. 

Frank Lucas à New York, le 2 novembre 2007.
Frank Lucas à New York, le 2 novembre 2007. (JIM COOPER/AP/SIPA / AP)

L'ancien baron noir américain de la drogue Frank Lucas, dont est inspiré le personnage principal du film American Gangster, est décédé jeudi, à l'âge de 88 ans, a indiqué vendredi 31 mai son neveu sur sa page Facebook. Aldwan Lassiter a indiqué au site du magazine Rolling Stone que son oncle était décédé de "mort naturelle", sans plus de précisions.

Elevé en Caroline du Nord et arrivé à 16 ans à Harlem, Frank Lucas aura été l'un des grands pourvoyeurs d'héroïne du célèbre quartier noir de New York mais aussi de Newark, principale ville du New Jersey, à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Outre sa violence et sa capacité d'intimidation, il doit son succès à son réseau, qui lui a permis de contourner les intermédiaires traditionnels pour s'approvisionner directement en Asie.

Un gangster de légende

Frank Lucas a raconté avoir transporté de la drogue dans des cercueils militaires qui rapatriaient des soldats tombés sur le front vietnamien, une version qui a été, depuis, contestée par plusieurs acteurs de l'époque mais retenue dans le film. Il affirma, dans une longue interview au magazine New York, en 2000, qu'il gagnait un million de dollars par jour à sa grande époque.

La légende de Frank Lucas a également été forgée par ses sorties flamboyantes, notamment à l'occasion du combat de boxe, en 1971, entre Muhammad Ali et Joe Frazier au Madison Square Garden, où il s'était présenté avec manteau long et chapeau en chinchilla. "Je ne pouvais pas laisser des gens qui gagnaient moins d'argent que moi parader en pensant qu'ils étaient les maîtres du monde", expliquait-il dans son autobiographie, Original Gangster.

Interpellé en 1975, il a collaboré avec les autorités américaines dans de nombreux dossiers, ce qui lui vaudra une remise en liberté conditionnelle dès 1981, alors qu'il avait été condamné à 70 ans de réclusion en 1976. Il a de nouveau été arrêté puis condamné en 1984 à sept ans de prison pour trafic de drogue.