Etats-Unis : l'ONU se dit "profondément choquée" par les conditions de détention des migrants

C'est ce qu'a déclaré, lundi, Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.

Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l\'homme, à Caracas (Venezuela), le 4 juillet 2019.
Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, à Caracas (Venezuela), le 4 juillet 2019. (CRISTIAN HERNANDEZ / AFP)

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, s'est dite, lundi 8 juillet, "profondément choquée" par les conditions de détention des migrants aux Etats-Unis. "En tant que pédiatre, mais aussi en tant que mère et ancienne cheffe d'Etat, je suis profondément choquée que des enfants soient contraints de dormir sur le sol dans des installations surpeuplées, sans un accès adéquat à des soins de santé ou à de la nourriture et dans de mauvaises conditions sanitaires", a-t-elle écrit dans un communiqué.

Récemment, des élus américains ont dénoncé les conditions de détention des migrants à la frontière mexicaine. Plusieurs parlementaires démocrates américains se sont rendus, lundi 1er juillet, dans des centres à El Paso et Clint (Texas), des villes frontalières du Mexique, pour contrôler les conditions de vie des migrants. Le chef de la délégation parlementaire, Joaquin Castro, a longuement témoigné : "Au poste de patrouille frontalière numéro 1 d'El Paso, des femmes cubaines, des grands-mères, s'entassent dans une cellule semblable à celle d'une prison. Il y a un seul cabinet de toilettes, sans eau courante pour boire ou se laver les mains."

L'administration américaine "inquiète"

Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a admis avoir pris la mesure de la situation déplorable dans les centres de rétention. "Nous sommes inquiets de la surpopulation et de la détention prolongée, qui représentent un risque immédiat pour la santé et la sécurité des agents et officiers du DHS ainsi que des détenus", indique dans un rapport (PDF en anglais) l'Inspection générale du ministère, un organisme de surveillance interne.

Plusieurs candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 se sont insurgés des conditions décrites par le rapport. "Aucun être humain ne mérite d'être traité ainsi", a écrit sur Twitter Kamala Harris, deuxième dans les sondages. Les responsables des centres de rétention ne respectent pas "les droits humains basiques", s'est pour sa part indigné le sénateur indépendant Bernie Sanders. "Ignoble", a réagi la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.