Etats-Unis : l'Arizona réactive une loi du XIXe siècle interdisant presque totalement l'avortement

S'appuyant sur une récente décision de la Cour suprême, la juge Kellie Johnson a renvoyé le droit en matière d'IVG à ce qu'il était avant 1973 dans cet Etat du sud du pays.

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Des militants du droit à l'avortement lors d'un rassemblement près du palais de justice fédéral de Tucson, en Arizona, le 4 juillet 2022.  (SANDY HUFFAKER / AFP)

C'est un nouveau pas en arrière sur le droit à l'avortement aux Etats-Unis. Kellie Johnson, juge du comté de Pima en Arizona, a rendu vendredi 23 septembre une décision qui réactive une loi du XIXe siècle interdisant presque totalement l'interruption volontaire de grossesse dans cet Etat.

La magistrate s'appuie dans son jugement sur la récente décision de la très conservatrice Cour suprême américaine, qui a dynamité fin juin le droit à l'avortement que sa jurisprudence garantissait depuis 1973 sur tout le territoire américain. Depuis, plusieurs Etats américains conservateurs ont mis en place des interdictions totales ou partielles de l'avortement.

Kellie Johnson a donc considéré que la décision de la haute cour faisait table rase, et renvoyait le droit en la matière à ce qu'il était avant 1973. Cela a pour conséquence, selon plusieurs médias américains, dont le New York Times (en anglais), de remettre en vigueur des textes extrêmement restrictifs datant de 1864 et 1901 – avant que les Américaines n'aient le droit de vote et avant même que cet Etat de l'Ouest ne rejoigne officiellement, en 1912, les Etats-Unis.

La Maison Blanche réagit vertement

Le parti démocrate, emmené par le président Joe Biden, espère mobiliser les électeurs pour défendre l'accès à l'IVG dans les urnes, lors des élections de mi-mandat de novembre qui renouvellent en partie le Sénat et totalement la Chambre des représentants. La porte-parole de la Maison Blanche a condamné samedi "les conséquences potentiellement catastrophiques, dangereuses et inacceptables" de cette décision.

"Si cette décision se confirme, le personnel de santé risquera jusqu'à cinq ans de prison s'il remplit son devoir de soin ; des personnes ayant survécu au viol et à l'inceste seraient forcées de porter les enfants de leurs agresseurs ; et des femmes (enceintes) ayant des problèmes de santé seraient confrontées à des risques terribles", a-t-elle assuré dans un communiqué.

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