Affaire Epstein : le parquet de Paris ouvre une enquête pour "viols", "agressions sexuelles" et "association de malfaiteurs"

La justice française avait été saisie fin juillet par l'association Innocence en danger après avoir reçu 10 témoignages de victimes présumées. 

Geoffrey Berman, procureur du district sud de New York (Etats-Unis), montre une photo de Jeffrey Epstein, le 8 juillet 2019. 
Geoffrey Berman, procureur du district sud de New York (Etats-Unis), montre une photo de Jeffrey Epstein, le 8 juillet 2019.  (SHANNON STAPLETON / REUTERS)

Le parquet de Paris a ouvert vendredi 23 août une enquête pour "viols", "agressions sexuelles" sur mineurs et "association de malfaiteurs" dans le cadre de l'affaire du financier américain Jeffrey Epstein, retrouvé mort en prison il y a près de deux semaines, a annoncé le procureur Rémy Heitz.

Les investigations sont confiées à l'Office central de la répression des violences faites aux personnes. Elles auront pour objet de "mettre au jour d'éventuelles infractions commises non seulement sur le territoire national, mais aussi à l'étranger au préjudice de victimes françaises ou à l'encontre d'auteurs de nationalité française". 

Des jeunes filles envoyées aux Etats-Unis 

Le parquet de Paris avait été saisi fin juillet par l'association Innocence en danger qui a indiqué jeudi avoir reçu dix témoignages émanant principalement de victimes d'actes "commis sur le sol français" en lien avec le multimillionnaire mort à l'âge de 66 ans.

Dans un témoignage datant de 2011 mais récemment rendu public aux Etats-Unis, une plaignante accusait le financier et jet-setter d'avoir abusé de très jeunes Françaises qui lui avaient été envoyées comme "cadeau d'anniversaire surprise". "Jeffrey se vantait (...) qu'elles avaient 12 ans et qu'elles avaient été amenées de France parce qu'elles sont très pauvres et que leurs parents avaient besoin d'argent", indiquait cette plaignante dans une déposition.

Selon des médias anglo-saxons, elle assurait également que ces jeunes filles auraient été envoyées aux Etats-Unis par un ancien proche de Jeffrey Epstein, Jean-Luc Brunel, patron français d'une agence de mannequins. Selon deux plaignantes, ce Français aurait joué le rôle de rabatteur pour Jeffrey Epstein, amenant aux Etats-Unis des "jeunes filles" venues de milieux modestes en leur faisant miroiter des jobs dans le mannequinat.