Cet article date de plus de dix ans.

Une journaliste de France 3 agressée au Caire : les femmes reporters ne doivent plus aller en Egypte, selon RSF

Les journalistes femmes doivent-elles continuer à couvrir les manifestations de la place Tahrir en Egypte ? Reporters sans frontières recommande aux rédactions de les rappeler, après l'agression hier d'une envoyée spéciale de France 3, Caroline Sinz. Pas d'accord, rétorque la reporter de Radio France Claude Guibal.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Franceinfo (Franceinfo)

Voilà une fortuite illustration des violences faites aux femmes, alors que se tient la journée internationale dédiée. La journaliste Caroline Sinz a raconté à la fin de son reportage dans Soir 3 avoir été "empoignée par plusieurs hommes et [...] subi une agression sexuelle, devant tout le monde, en plein jour ", alors qu'elle filmait les abords de la place Tahrir avec son JRI (journaliste reporter d'images). 

Réaction immédiate de Reporters sans frontières : “C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée
sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions
doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes
journalistes en reportage en Egypte
".

Interrogé sur France Info ce matin, le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard confirme : "La menace d'agressions sexuelles de manière aussi systématique contre les femmes journalistes est quelque chose de nouveau, qu'on n'a jamais vu à Reporters sans frontières ". 

Le 11 février dernier, jour de la chute de Moubarak, une journaliste de la chaîne américaine CBS avait déjà été agressée sexuellement près de la place Tahrir. Mais plus récemment, c'est la blogueuse égypto-américaine Mona al-Tahtawi, arrêtée dans la nuit de mercredi à jeudi, qui a raconté sur avoir subi une agression sexuelle au commissariat.

"Se priver de femmes journalistes dans le monde arabo-musulman, c'est se priver de 50% des sources d'infos" Claude Guibal

Consciente de ce risque, Claude Guibal, ancienne correspondante de Radio France au Caire pendant près de quinze ans et actuellement en reportage sur place, n'entend pas "céder à la peur ". Le climat, confirme-t-elle, est actuellement à la suspicion sur les journalistes, les étrangers. A quoi s'ajoute "cette violence sexuelle bien réelle en Egypte " qui ne s'adresse pas uniquement aux journalistes. Et Claude Guibal de rappeler que "des sondages publiés il y a quelques années par les journaux égyptiens indiquaient que 98% des Egyptiennes étaient victimes au quotidien de harcèlement sexuel ". 

La reporter précisément tient à sa place de femme dans son travail de journaliste dans le monde arabo-musulman, car "avec les femmes, vous entrez dans les maisons, vous entrez dans les foyers. C'est comme ça que vous donnez à voir et à comprendre la réalité d'un pays ". 

 


Les journalistes femmes ont-elles encore leur place en Egypte ? Avec Jean-François Julliard de RSF et la reporter Claude Guibal
écouter

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.