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Une jeune soudanaise de 16 ans a reçu 50 coups de fouet pour avoir porté une jupe jugée "indécente"

C'est ce qu'a indiqué samedi l'avocat de sa famille, qui conteste l'application de cette version de la stricte de la loi islamique.Silva Kashif, de confession chrétienne, marchait dans un quartier populaire au sud de Khartoum vêtue d'une jupe à la longueur du genou. Elle a été arrêtée par un policier, a dit l'avocat et militant Azhari al-Hajj.
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Des femmes soudaines dans un quartier populaire de Khartoum. (AFP PHOTO/ ASHRAF SHAZLY)

C'est ce qu'a indiqué samedi l'avocat de sa famille, qui conteste l'application de cette version de la stricte de la loi islamique.

Silva Kashif, de confession chrétienne, marchait dans un quartier populaire au sud de Khartoum vêtue d'une jupe à la longueur du genou. Elle a été arrêtée par un policier, a dit l'avocat et militant Azhari al-Hajj.

"Le juge l'a condamnée à 50 coups de fouet qu'elle a reçus immédiatement après le verdict. Le tout s'est déroulé en une heure à peine" le 21 novembre, a déclaré à l'AFP M. Hajj.

Silva Kashif "n'est pas majeure, n'est pas musulmane, et n'a pas eu le droit de contacter ses parents" avant d'être jugée, a souligné M. Hajj. "Il s'agit là de violations dans le cadre même d'une loi" déjà contestée, a-t-il ajouté.

"C'est pourquoi nous prévoyons poursuivre la police et le juge", a-t-il affirmé, ajoutant vouloir aussi contester la validité de cette loi, au coeur du combat de Loubna Ahmed al-Hussein.

Le flou de la loi soudanaise
L'article 152 du code pénal soudanais - adopté en 1991 deux ans après le coup d'Etat militaire d'Omar el-Béchir appuyé par les islamistes - prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents".

Cette loi ne spécifie pas la jupe ou le pantalon comme vêtement indécent, ou même un type particulier de pantalon comme le "jeans", ce qui ouvre la voie à des arrestations et des condamnations aléatoires, regrettent plusieurs associations de défense des droits de l'Homme.

Depuis la fin en 2005 de la guerre civile entre le Nord - majoritairement musulman - et le Sud - en grande partie chrétien- du Soudan, la charia n'a plus force de loi au Sud-Soudan, mais s'applique toujours au Nord, où est située la capitale Khartoum.

Mais la Constitution intérimaire adoptée à la même période stipule que les chrétiens vivant au Nord ne doivent pas - en théorie - être soumis à la loi islamique.

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