Un traité interdisant l'arme nucléaire va entrer en vigueur, sans être signé par les pays qui la possèdent, dont la France

Ce traité international a atteint le seuil 50 Etats l'ayant ratifié, nécessaire à son entrée en vigueur, mais sa portée risque d'être limitée.

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Le drapeau des Nations unies devant le siège de l'organisation à New York, le 4 mai 2020. (JOHN NACION / NURPHOTO / AFP)

L'ONU s'est réjouie, samedi 24 octobre, de la ratification par un cinquantième pays du traité international interdisant les armes nucléaires, ce qui permettra son entrée en vigueur dans 90 jours. C'est le Honduras qui a permis de franchir ce seuil déterminant. L'efficacité de ce texte s'annonce toutefois réduite. Les pays possédant officiellement l'arme nucléaire – les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie – n'ont pas signé le texte, pas plus que ceux qui sont soupçonnés de la détenir ou de chercher à le faire.

Il n'a pas non plus été signé par le Japon, seul pays à avoir été ciblé par des bombes nucléaires. "Nous ne pouvons pas nous empêcher de douter de l'efficacité du traité, auquel les puissances nucléaires ne peuvent pas s'associer", a justifié dimanche le ministre japonais de la Défense, Nobuo Kishi, auprès de journalistes.

Objectif : "élimination totale des armes nucléaires"

La liste des pays ayant ratifié le traité – disponible en anglais sur un site de l'ONU - inclut en revanche des pays comme l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Venezuela, le Mexique, la Thaïlande et plusieurs membres de l'Union européenne (l'Irlande, l'Autriche et Malte).

La Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (Ican), ONG lauréate du prix Nobel de la Paix en 2017, a salué un progrès "historique". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a célébré "la culmination d'un mouvement mondial pour attirer l'attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de tout usage des armes nucléaires", rappelant que "l'élimination totale des armes nucléaires" était "la plus haute priorité des Nations unies en matière de désarmement".

Au-delà du symbole, les opposants à la prolifération nucléaire espèrent que ce traité aura le même impact que les traités internationaux interdisant les mines terrestres et les armes à sous-munitions : stigmatiser la possession et l'utilisation des armes nucléaires, ce qui pourrait conduire à un changement de comportement au-delà des pays non-signataires.

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