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Un adolescent est mort dans les heurts ayant opposé jeudi manifestants et policiers

Le garçon, âgé de 14 ans, identifié comme Manuel Gutierrez, a été victime d'un tir au cours d'affrontements entre des manifestants et la police dans le quartier de Macul, à l'est de Santiago. Il est décédé vendredi matin.La police chilienne a reconnu lundi qu'un de ses membres avait fait usage de son arme.
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Affrontements entre manifestants et policiers à Santiago du Chili, le 25 août 2011. (AFP - Martin Bernetti)
Le garçon, âgé de 14 ans, identifié comme Manuel Gutierrez, a été victime d'un tir au cours d'affrontements entre des manifestants et la police dans le quartier de Macul, à l'est de Santiago. Il est décédé vendredi matin.

La police chilienne a reconnu lundi qu'un de ses membres avait fait usage de son arme.Le chef de la police métropolitaine, le général Jose Luis Ortega, a déclaré qu'après enquête, il avait été établi qu'un sous-officier chef de patrouille "avait fait usage de son arme" à deux reprises. Le policier, qui a été mis à pied, "a signalé qu'il n'avait pas tiré vers un groupe de personnes, mais en l'air", a précisé le général Ortega, tout en indiquant que le sous-officier avait ensuite nettoyé son arme et remplacé les munitions manquantes sans rédiger de rapport.

La nuit de mercredi à jeudi avait été marquée par de violents accrochages dans la capitale entre manifestants et policiers en périphérie de Santiago.

Des manifestants ou groupes de jeunes "encapuchados" (cagoulés) se sont affrontés à la police à coups de pierres, de bâtons et parfois d'armes à feu ; ou érigeant des barricades de pneus ou de bois enflammé en plusieurs points de la métropole de 6 millions d'habitants.

Jeudi, au lendemain de ces affrontements, 200 000 personnes selon Reuters ont manifesté dans la capitale Santiago au deuxième jour d'une grève nationale partiellement suivie.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les violences ont repris notamment dans le quartier de Macul, à l'est de la ville. Ce quartier a été l'un des foyers de violences qui se sont déclarés par centaines pendant toute la nuit dans la capitale chilienne.

Les forces de l'ordre ont interpellé 1.394 manifestants et des centaines de personnes (policiers et civils) ont été blessées ces deux derniers jours, selon un bilan officiel.

"Nous avons arrêté 1.394 personnes, la majorité d'entre elles pour des troubles graves et des vols. 153 policiers ont été blessés dans tout le pays, ainsi que 45 civils et un jeune est décédé", a annoncé vendredi le vice-ministre de l'Intérieur, Rodrigo Ubilla.

"Le gouvernement espère que les circonstances de la mort de cet adolescent seront rapidement élucidées", a-t-il ajouté.

Le président Piñera mis à l'épreuve
La double journée de grève visait a réclamer une meilleure répartition des fruits de la forte croissance chilienne à travers une série de mesures sur l'impôt, le code du travail et l'éducation notamment. Elle survient dans le sillage d'une contestation étudiante qui réclame depuis trois mois un enseignement public de qualité.

La ministre du Travail a évoqué 9% de grévistes dans la fonction publique, un syndicat de fonctionnaires "plus de 80%".

"C'est l'heure de dialoguer pour de bon, ou ceci (les manifestations) va continuer", a mis en garde le leader de la CUT, principale centrale syndicale du pays avec 10% des actifs.

Le gouvernement de droite a taxé la grève d'"opportuniste". Mais il s'agit de la plus dure épreuve sociale en 17 mois au pouvoir du président Sebastian Piñera.

Les étudiants, associés à la grève et qui formaient le gros des manifestants jeudi, ont lié leurs doléances à celles des syndicats, et annoncé une pression continue.

"De nouvelles convocations (à manifester) se préparent. Nous avons toujours dit qu'accéder à une éducation est un problème social, un problème de nos familles. Les travailleurs en grève sont aux côtés de nos parents", a déclaré Camila Vallejo, une des dirigeantes étudiantes.

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