Pétition et comité de soutien : l'aide s'organise pour Loup Bureau, journaliste emprisonné en Turquie

Un texte publié sur la plateforme change.org demande la libération du jeune journaliste indépendant, interpellé à la frontière turco-irakienne le 26 juillet.

Capture écran de la photo de profil Facebook du journaliste français Loup Bureau, incarcéré en Turquie.
Capture écran de la photo de profil Facebook du journaliste français Loup Bureau, incarcéré en Turquie. (FACEBOOK / FRANCEINFO)

"Nous appelons à sa libération immédiate." Dans une pétition en ligne sur le site change.org, les proches de Loup Bureau n'ont qu'une seule demande : que le journaliste indépendant de 26 ans, emprisonné en Turquie depuis la fin juillet, soit relâché. Le texte avait déjà récolté plus de 4 000 signatures lundi en début d'après-midi. Plus de 2 700 personnes ont aussi rejoint le groupe Facebook "Free Loup Turkey-Comité de soutien à Loup Bureau".

Loup Bureau, qui a notamment collaboré avec les médias TV5 Monde, Arte et Slate, a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie. Motif ? Un reportage de 2013 sur les combattants kurdes syriens des YPG, les Unités de protection du peuple kurde, un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara.

"Isolé du reste du monde"

"Mon fils est innocent. (...) J'espère une solution rapide, a témoigné lundi sur RMC le père du journaliste, Loïc Bureau. Il n'a rien fait de spécial, à part faire un reportage avec des photos, un reportage public qui est passé à la télévision française", a-t-il plaidé.

Selon lui, Loup Bureau "est complètement isolé du reste du monde, puisqu'on nous annonce qu'il ne pourra avoir qu'un coup de téléphone d'une dizaine de minutes toutes les deux semaines et évidemment aucune visite. (...) C'est effrayant. (...) Je ne sais pas dans quel état moral il est", a précisé le père du journaliste, redoutant une détention de plusieurs mois.

Plusieurs journalistes français détenus en Turquie depuis 2016

De nombreuses organisations de journalistes et de défense de la liberté de la presse ont lancé la semaine dernière des appels à la "libération immédiate" du journaliste. Et Loup Bureau n'est pas le premier journaliste à être inquiété par le régime du président turc, Recep Tayyip Erdogan. En mai 2017, le photojournaliste français Mathias Depardon, installé à Istanbul depuis cinq ans, a été arrêté et détenu, soupçonné par les autorités turques d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour le PKK, avant d'être libéré, puis expulsé du pays. En novembre 2016, Olivier Bertrand, en reportage à Gaziantep pour le site Les Jours, a lui aussi été détenu plusieurs jours avant d'être libéré, puis expulsé de Turquie.