Turquie : la France "déplore" la conversion de l'ancienne basilique Sainte-Sophie d'Istanbul en mosquée

Basilique byzantine pendant près de neuf siècles, le monument avait été transformé en mosquée après l'invasion ottomane de Constantinople en 1453, puis en musée en 1934.

L\'ancienne basilique Sainte-Sophie à Istanbul en Turquie, le 6 juillet 2020.
L'ancienne basilique Sainte-Sophie à Istanbul en Turquie, le 6 juillet 2020. (MURAD SEZER / REUTERS)

"Ces décisions remettent en cause l'un des actes les plus symboliques de la Turquie moderne et laïque." Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères "déplore" la décision de Recep Tayyip Erdogan de transformer l'ex-basilique Sainte-Sophie d'Istanbul de musée en mosquée. "L'intégrité de ce joyau religieux, architectural et historique, symbole de la liberté de religion, de tolérance et de diversité, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, doit être préservé", a déclaré Jean-Yves Le Drian, vendredi 10 juillet.

Basilique byzantine pendant près de neuf siècles, le monument avait été transformé en mosquée après l'invasion ottomane de Constantinople en 1453, jusqu'à ce que le premier président de la République turque, Mustafa Kemal, le transforme en musée en 1934, soucieux de "l'offrir à l'humanité"

Pour le politiste Ahmet Insel, interrogé par franceinfo, le président turc cherche ainsi à reconquérir l'électorat musulman, alors que sa popularité est en chute dans les sondages et que la Turquie traverse une crise économique. "Il y a une pression de l'islam politique turc depuis des décennies dans lequel Erdogan a grandi. C'est son univers. La reconquête de Constantinople, d'Istanbul, c'est Sainte-Sophie. Du coup, il a grandi dans cet idéal musulman." Plusieurs pays, notamment la Russie et la Grèce, qui suivent de près le sort du patrimoine byzantin en Turquie, ainsi que les Etats-Unis et la France, ont mis en garde Ankara contre cette transformation.