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Manifestations en Turquie : le Premier ministre ne montrera "plus de tolérance"

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a également annoncé que la contestation avait fait quatre morts, selon un nouveau bilan. 

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Des manifestants sur la place Taksim à Istanbul (Turquie), le 11 juin 2013. (GURCAN OZTURK / AFP)

"Cette affaire est maintenant terminée. Nous ne montrerons plus de tolérance", a lancé mardi 11 juin le Premier ministre turc aux manifestants qui réclament sa démission à travers toute la Turquie. Dans son allocution, prononcée au Parlement à Ankara, la capitale, il a affirmé que le parc Gezi d'Istanbul, ce jardin public dont la destruction annoncée a donné le coup d'envoi de la fronde antigouvernementale, n'était pas une "zone d'occupation". 

"J'invite tous ceux qui sont sincères à se retirer" du parc, a lancé Recep Tayyip Erdogan, qui entend bien mettre un terme à la contestation qui secoue le pays depuis le 31 mai. Francetv info fait un point sur la mobilisation à l'issue de 12 jours de manifestations. 

Un lourd bilan

Les manifestations antigouvernementales en Turquie ont fait quatre morts depuis le début de la contestation. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé ce nouveau bilan à l'occasion de son discours. "Trois jeunes et un policier ont perdu la vie dans les événements", a-t-il précisé devant les députés de son mouvement, le Parti pour la justice et le développement (AKP). 

Un ouvrier de 26 ans, blessé à la tête lors d'une manifestation à Ankara, serait également décédé. Selon des médias turcs, il a été touché à la tête par plusieurs coups de feu tirés par la police, mais le scénario n'a pas été confirmé par les autorités. 

Selon l'Association des médecins turque (TBB), les troubles ont fait, outre ces quatre morts, un total de 4 947 blessés. La TBB a évoqué mardi le cas d'un ouvrier de 47 ans, foudroyé par une crise cardiaque en marge des manifestations le 5 juin à Ankara, et a annoncé enquêter pour savoir s'il s'agissait d'un décès lié à l'usage des gaz lacrymogènes par la police.

La police reprend la place Taksim

La police turque a repris mardi le contrôle de la place Taksim d'Istanbul, cœur de la contestation.

Les forces de l'ordre sont intervenues sur la place, repoussant les quelques centaines de protestataires qui y avaient passé la nuit. Elles ont tiré des grenades lacrymogènes ou des billes de plastique, et utilisé des canons à eau. Sitôt l'apparition de la police, des groupes de manifestants casqués et équipés de masques à gaz ont riposté par des jets de pierre et de cocktails Molotov. La police n'est, par contre, pas intervenue dans le parc Gezi.

Francetv info

Après trois heures d'échauffourées, les forces de l'ordre sont parvenues à éloigner les contestataires du centre de la place. La plupart des drapeaux et des banderoles qui hérissaient Taksim ont été rapidement enlevés et des pelleteuses ont démantelé les barricades érigées dans la plupart des rues menant à la place.

Plus de 70 avocats arrêtés au palais de justice d'Istanbul

La police a interpellé mardi 73 avocats qui protestaient contre l'intervention des forces de l'ordre contre les manifestants occupant la place Taksim d'Istanbul, a annoncé l'Association des avocats contemporains (CHD) dans un message sur Twitter.

Aux cris de "Taksim est partout", "la résistance est partout", ces avocats, en grève depuis le début de la contestation, s'étaient réunis dans l'enceinte du palais de justice d'Istanbul pour dénoncer les agissements de la police. Celle-ci est alors intervenue dans le palais de justice pour les en déloger. Dans un commentaire publié sur sa page Facebook, le président des barreaux de Turquie s'est ému de ces arrestations. "Nous nous rendons [d'Ankara] à Istanbul pour rencontrer les autorités sur place", a-t-il indiqué.

Erdogan doit recevoir les contestataires mercredi

La reprise, symbolique, de la place Taksim, intervient au lendemain de l'annonce d'une rencontre, prévue mercredi, entre Erdogan et des représentants de la contestation, qu'il a présentés à longueur de discours comme des "pillards" ou des "extrémistes".

"Notre Premier ministre a donné rendez-vous à certains des groupes qui organisent ces manifestations", a déclaré lundi soir le vice-Premier ministre Bülent Arinç. "Notre Premier ministre écoutera ce qu'ils ont à dire."

En même temps que ce premier geste concret d'apaisement du chef du gouvernement, Bülent Arinç a ajouté que "les manifestations illégales ne [seraient] plus tolérées en Turquie", ouvrant la porte à l'intervention de mardi matin.

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