Turquie. Le Premier ministre Recep Erdogan durcit le ton face aux manifestants

"Notre patience a des limites", a-t-il dit, alors que les manifestations se poursuivent.

Des supporters de Recep Erdogan attendent sa venue à Ankara (Turquie), le 9 juin 2013.
Des supporters de Recep Erdogan attendent sa venue à Ankara (Turquie), le 9 juin 2013. (VADIM GHIRDA / AP / SIPA)

Dix jours après le début de la contestation, en Turquie, le discours officiel se fait plus sévère. Le Premier ministre turc a affirmé, dimanche 9 juin, que la patience de son gouvernement avait "des limites". "Nous restons patients, nous sommes toujours patients mais notre patience a des limites", a déclaré Recep Erdogan, qui s'exprimait devant plusieurs milliers de partisans à son arrivée à l'aéroport d'Ankara. "La nation nous a amenés au pouvoir et c'est elle seule qui nous en sortira", a-t-il poursuivi devant la foule qui scandait "la Turquie est fière de toi".

Le chef du gouvernement a de nouveau décrit les manifestants comme des "pillards". "S'ils sont perturbés par cette définition, qu'ils aillent vérifier dans le dictionnaire ce que 'pillards' veut dire", a-t-il insisté. Recep Erdogan a donné rendez-vous à ses adversaires aux élections municipales de mars 2014. "Soyez patients encore sept mois au lieu d'occuper le parc Gezi à Istanbul ou le parc Kugulu à Ankara", a-t-il lancé. "Vous parlez de démocratie, de libertés et de droits, mais vous ne les obtiendrez pas par la violence mais par la loi."

Nouveau recours aux gaz lacrymogène

Samedi, des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau descendue dans les rues de Turquie. Toujours aussi déterminés, des milliers de manifestants ont occupé la place Taksim d'Istanbul et le fameux parc Gezi, dont la destruction annoncée a déclenché la plus grave crise politique depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement islamo-conservateur en Turquie en 2002.

De nombreux supporteurs des trois grands clubs rivaux de football de la ville, Galatasaray, Besiktas et Fenerbahçe, sont venus grossir les rangs de la foule, sans que la police n'intervienne. En revanche à Ankara, la police anti-émeutes, présente en nombre, a violemment dispersé environ 5 000 manifestants réunis sur la place de Kizilay, dans le centre-ville, faisant abondamment usage de gaz lacrymogène. Plusieurs manifestants ont été blessés, selon les chaînes de télévision. De nouvelles manifestations ont eu lieu dimanche à Istanbul.