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Turquie : le parc Gezi évacué par la force

Après avoir dégagé la place Taksim, les policiers ont pénétré dans le parc d'Istanbul, bastion de la fronde antigouvernementale qui agite depuis deux semaines la Turquie.

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France Télévisions
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La police intervient place Taksim à Istanbul (Turquie), le 15 juin 2013. (OSMAN ORSAL / REUTERS)

Coup de force du gouvernement après 18 jours de contestation. La police turque a évacué samedi 15 juin dans la soirée, à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau, les milliers de manifestants qui occupaient le parc Gezi d'Istanbul. Après avoir dégagé la place Taksim, les forces de l'ordre ont pénétré dans le parc, le bastion de la fronde antigouvernementale qui agite depuis deux semaines la Turquie. Les affrontements se sont poursuivis toute la nuit dans la ville.

Selon la coordination des manifestants, baptisée Solidarité Taksim, des "centaines" de personnes ont été blessées lors de l'opération. Le gouverneur d'Istanbul Huseyin Avni Mutlu a lui évalué le nombre des blessés à 29. De nombreuses tentes ont été détruites lors de l'intervention, les banderoles arrachées, et plusieurs manifestants ont été interpellés.

La police utilise un canon à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants installés dans le parc Gezi, près de la place Taksim d'Istanbul (Turquie), le 15 juin 2013. (OZAN KOSE / AFP)

Le vice-Premier ministre veut "oublier"

Cette intervention des forces de l'ordre a été menée deux heures après un nouvel ultimatum du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui sommait les manifestants de vider les lieux. "Nous avons une réunion publique demain à Istanbul. Je le dis clairement : si la place Taksim n'est pas évacuée, les forces de sécurité de ce pays sauront comment l'évacuer", avait déclaré le Premier ministre lors d'un discours prononcé devant plusieurs dizaines de milliers de partisans dans banlieue d'Ankara.

Le vice-Premier ministre Huseyin Celik s'est félicité de l'évacuation du parc. "J'espère que nous pourrons oublier tout ça, comme un mauvais rêve ou un cauchemar", a-t-il dit.

"Cette attaque de la police doit s'arrêter"

De son côté, le collectif Solidarité Taksim a condamné l'opération, qui "a transformé le parc Gezi, Istanbul et le pays en zone de guerre". "Cette attaque brutale de la police doit s'arrêter. Le parti au pouvoir sera tenu pour responsable des événements", a-t-il ajouté.

Samedi en fin de matinée, le collectif avait annoncé la poursuite du mouvement. "Aujourd'hui nous sommes bien plus forts, organisés et optimistes qu'il y a 18 jours", a souligné Solidarité Taksim, en faisant référence au moment où un groupe de militants écologistes a commencé à camper dans le parc, pour s'opposer au projet d'aménagement des autorités. La contestation, qui a débuté le 31 mai, s'est soldée par quatre morts et plus de 7 500 blessés dans le pays.

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