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Détention d'un journaliste français en Turquie : Reporters sans frontières appelle les autorités "à faire monter la pression" sur Ankara

Reporters sans frontières s'inquiète de la situation de Mathias Depardon, un photojournaliste détenu en Turquie depuis le 9 mai. L'association lance un appel aux autorités françaises.

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Radio France
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Un manifestant brandit un portefeuille "press", à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, en Turquie, le 3 mai 2017 (OZAN KOSE / AFP)

Arrêté et placé en détention en Turquie il y a deux semaines, le photojournaliste Mathias Depardon a entamé une grève de la faim. Reporters sans frontières (RSF) s'inquiète de son sort et demande aux autorités françaises et turques d'accélérer afin qu'il rentre en France. Cette situation est "inacceptable et incompréhensible" dénonce, mercredi 24 mais, sur franceinfo, Johann Bihr, journaliste, chargé de la Turquie au sein de RSF.

franceinfo : Mathias Depardon n'est toujours pas sur le chemin d'un retour en France, que se passe-t-il ?

Johann Bihr : Nous n'avons eu aucune explication sur le prolongement de sa détention et Mathias lui-même n'a aucune d'explication. C'est une situation vraiment kafkaïenne dans laquelle il est plongé. Les autorités turques n'avaient aucune raison d'arrêter ce journaliste qui faisait simplement son travail dans le sud-est de la Turquie. Elles ont encore moins de raisons de le maintenir en détention alors même qu'un arrêté d'expulsion a été pris à son encontre, le 11 mai. Donc ça fait maintenant 10 jours que Mathias Depardon aurait dû être expulsé, selon les autorités turques. On ne comprend pas ce qu'il se passe. Visiblement, la bureaucratie prend du temps, peut-être aussi qu'il faut faire monter la pression sur les autorités turques. C'est une situation inacceptable et incompréhensible.

Il a décidé d'entamer une grève de la faim, comment va-t-il ?

Nous n'avons pas eu de ses nouvelles depuis qu'on a appris sa grève de la faim. Il entre aujourd'hui dans son quatrième jour de grève qu'il a débuté dimanche, selon son avocate. On considère aujourd'hui que Mathias est en danger. Les autorités turques sont responsables de sa sécurité, donc on les appelle à le remettre en liberté sans délai. On appelle les autorités françaises à intervenir extrêmement fermement auprès de leurs homologues turcs pour obtenir la liberté immédiate de Mathias Depardon.

Que font les autorités françaises jusqu'à maintenant ?

Jusqu'à présent, on espère qu'en privé tout le possible est fait. Les autorités françaises sont alertées. Elles nous ont assuré qu'elles faisaient le nécessaire y compris pour essayer d'obtenir un droit de visite qui jusqu'à présent leur a été refusé. Mais maintenant on aimerait bien voir les autorités françaises faire monter la pression et demander publiquement aux autorités turques de mettre fin à ce calvaire inacceptable.

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