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Ce que l'on sait de l'attentat survenu en plein mariage en Turquie

L'attaque a tué au moins 51 personnes, selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.

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France Télévisions
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Les secours arrivent sur les lieux de l'attaque, le 20 août 2016, à Gaziantep (Turquie), après qu'une explosion a visé un mariage.  (AFP)

C'est l'attaque la plus meurtrière de l'année en Turquie. Une explosion a fait au moins 51 morts et une centaine de blessés, samedi 20 août, à Gaziantep, ville située dans le sud-est du pays et à 60 km de la frontière syrienne. L'attaque s'est produite en plein mariage. 

Que s'est-il passé ? 

L'attaque a visé un mariage qui "se déroulait en plein air", dans un quartier du centre de la ville, à forte concentration kurde. Selon un témoin interrogée par le quotidien turc Hurriyet, l'explosion est survenue alors que la fête tirait sur sa fin, vers 22h50, heure locale. Une vidéo, tournée à l'intérieur de la salle, montre la panique qui a saisi les invités du mariage, dont de nombreux femmes et enfants, juste après l'explosion. 

"Nous étions assis sur des chaises, je discutais avec un de mes voisins. Il est mort, il s'est effondré sur moi durant l'explosion. S'il n'était pas tombé sur moi, je serais morte", a confié une des invitées, blessée. Selon l'agence de presse Dogan, les mariés étaient originaires de la région majoritairement kurde de Siirt, plus à l'est. Le quotidien Hurriyet a indiqué qu'ils avaient été blessés et hospitalisés mais que leur vie n'était pas en danger.

D'après l'agence, l'attaque est due à un kamikaze. Celui-ci s'est mêlé aux invités avant d'actionner sa charge. Les restes d'une veste d'explosifs ont d'ailleurs été retrouvés par la police sur les lieux du mariage, a annoncé dimanche le parquet. Il s'agit d'un individu "âgé entre 12 à 14 ans qui soit s'est fait exploser, soit portait des explosifs actionnés à distance", a précisé le président turc Recep Tayyip Erdogan. Les forces de sécurité sont désormais à la recherche de deux personnes qui l'accompagnaient et se sont enfuies.

L'attaque a-t-elle été revendiquée ? 

Non, mais les autorités turques accusent l'Etat islamique. Ansi, le président turc Recep Tayyip Erdogan estime "probable" que le groupe jihadiste soit l'auteur de l'attentat. Dans un communiqué, le chef de l'Etat a dit ne faire "aucune différence" entre le prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu'il accuse d'avoir ourdi le coup d'Etat raté du 15 juillet, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupe jihadiste EI.

La position de Gaziantep alimente cette hypothèse. La ville est devenue le point de passage de très nombreux réfugiés syriens fuyant la guerre qui dure depuis plus de 5 ans et demi dans leur pays. Mais la zone abriterait aussi un nombre significatif de jihadistes. L'attaque est en tout cas intervenue quelques heures après que le Premier ministre turc a annoncé qu'Ankara voulait jouer un rôle "plus actif" dans la solution de la crise en Syrie afin de "faire cesser le bain de sang"

Quelles sont les réactions ? 

En Turquie, le parti pro-kurde HDP a condamné l'attentat dans un email, affirmant que "beaucoup de Kurdes ont perdu la vie". Le vice-Premier ministre Mehmet Sismek, également député de Gaziantep, a quant à lui jugé "barbare d'attaquer un mariage". "L'objectif de la terreur est d'effrayer les gens, mais nous n'accepterons pas cela", a-t-il dit à la télévision.

A l'étranger, François Hollande a été le premier à réagir, dimanche. Le chef de l'Etat condamne, dans un communiqué, "l'ignoble attentat terroriste" qui a fait au moins 50 morts.

 "La France adresse aux autorités et au peuple Turcs ses condoléances et sa sympathie dans cette épreuve. Elle se tient aux côtés de tous ceux qui luttent contre le fléau du terrorisme", ajoute le président de la République.

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