Tunisie : un Français condamné en appel à de la prison ferme pour avoir embrassé son amie

Le prévenu avait été arrêté par la police avec sa compagne, le 1er octobre puis condamné en première instance pour "atteinte à la pudeur".

Nessim Ouadin a été condamné en appel à quatre mois de prison ferme pour \"atteinte à la pudeur\" à Tunis, le 18 octobre 2017.
Nessim Ouadin a été condamné en appel à quatre mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur" à Tunis, le 18 octobre 2017. (FRANCE 2)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Un trentenaire français et une quadragénaire tunisienne ont été condamnés en appel, mercredi 18 octobre, à Tunis pour "atteinte à la pudeur". Ils avaient été arrêtés alors qu'ils étaient enlacés dans une voiture, la nuit du 1er octobre, dans la capitale tunisienne. Leur interpellation musclée avait donné lieu à une altercation entre le jeune homme et les policiers.

Les deux prévenus, qui assurent ne s'être même pas embrassés, ont écopé de peines inférieures de quelques semaines à peine à celles prononcées en première instance le 4 octobre, en dépit d'une importante mobilisation et médiatisation de cette "affaire du bisou". Lui a été condamné à quatre mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur" et "outrage à fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions", et elle à deux mois pour le seul premier chef d'inculpation.

"Le couple était nu", selon le parquet

"C'est une décision indépendante, a déclaré le porte-parole du parquet. Ce qui a été véhiculé au niveau national et international est faux, ils n'ont pas été arrêtés pour un baiser, le couple était nu."

A l'audience, la femme s'est effondrée en pleurs lorsque le président a lu devant une salle comble la déposition des policiers décrivant un acte sexuel en cours lors de l'interpellation. Elle assure que son ami l'avait simplement prise dans ses bras lorsque des policiers en civil ont mené un contrôle et l'ont sorti de la voiture sans ménagement. Le touriste français, cadre dans une société marseillaise, a confirmé aux juges avoir tenté de filmer les policiers pour dénoncer leur comportement agressif.

Une dizaine d'avocats de la défense avaient réclamé l'acquittement. La majorité plaidaient bénévolement dans cette affaire qui a déclenché une polémique en Tunisie sur la surveillance des mœurs et le retour des exactions policières.