Tunisie : les raisons de la colère

Après trois nuits de face à face avec les forces de l'ordre, la police a été déployée dans la capitale et dans toutes les villes tunisiennes qui ont été touchées par des manifestations contre la vie chère. Le point avec France 3.

Voir la vidéo

La police et l'armée sont venues en nombre à Tebourba, en Tunisie, ce jeudi 11 janvier. Il faut éviter de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Dans cette ville, située à une trentaine de kilomètres de Tunis, cette journée fut plus calme, mais les esprits ne sont pas pour autant apaisés. "Nous hier, on est venu manifester pacifiquement et la police nous a frappés. J'ai dix points de suture à la tête. Le gouvernement ne fait rien pour nous. On n'a pas d'usine, pas de travail, s'ils ne font rien, ils auront la guerre ici", lance un manifestant au micro de France 3.

15% de chômage

Une guerre, une colère sociale plutôt, pour protester contre la hausse des taxes, des prix, décidée par le gouvernement. Une nouvelle cure d'austérité réclamée par le Fonds monétaire international (FMI), en échange d'un nouveau prêt de 2,6 milliards d'euros, dans ce pays où plus de 15% de la population est au chômage. Les violences ont été attisées lundi après la mort d'un quadragénaire, écrasé selon sa soeur par une voiture de police. Le mouvement touche désormais plusieurs villes du pays et notamment Sidi Bouzid, où la contestation avait débuté fin 2010. Sept ans après la chute du président Ben Ali, le gouvernement saura-t-il trouver une réponse pour calmer la rue ? L'économie est dans le rouge, le tourisme et les investissements sont en baisse, autant d'ingrédients pour alimenter le désespoir et la colère des Tunisiens.

Le JT
Les autres sujets du JT
Des Tunisiens manifestent contre la hausse des taxes et l\'augmentation des prix dans la ville de Tebourba (nord de la Tunisie), mardi 9 janvier 2018.
Des Tunisiens manifestent contre la hausse des taxes et l'augmentation des prix dans la ville de Tebourba (nord de la Tunisie), mardi 9 janvier 2018. (FETHI BELAID / AFP)