Tunisie : les raisons de la colère de la jeunesse tunisienne

Kader Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po Paris et spécialiste du Maghreb et de l'islamiste, était l'invité du Soir 3 ce vendredi 12 janvier.

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Sept ans après la chute de Ben Ali et le printemps arabe, les Tunisiens sont à nouveau dans la rue pour dénoncer l'austérité. Mais selon Kader Abderrahim, cela n'a rien à voir avec 2011. "Ces manifestations que l'on voit aujourd'hui, qui sont spectaculaires depuis le début de cette semaine, en réalité, tout au long des années 2016 et 2017, elles se sont déjà produites, donc on voit qu'il y a une lente dégradation de la situation, qui a poussé une jeunesse à se mobiliser à la fois dans les grandes villes, mais également à l'intérieur du pays, parce qu'il y a la promulgation de cette loi de Finances", explique en plateau le spécialiste du Maghreb.

"Une économie dramatique"

Cette loi résulte d'un accord de la Tunisie avec le Fonds monétaire international (FMI). "La situation de l'économie tunisienne était absolument dramatique et il a fallu que la Tunisie, comme beaucoup d'autres pays avant elle, passe sous les fourches du FMI. Ce dernier qui prête de l'argent (2,9 milliards à la Tunisie) pose aussi de nombreuses conditions, et évidemment les réformes structurelles qui s'imposent aujourd'hui comme l'augmentation de la TVA ou la diminution des subventions sur certains produits", détaille Kader Abderrahim.

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Des manifestants à Siliana, à environ 130 kilomètres au sud de Tunis (Tunisie), le 11 janvier 2018.
Des manifestants à Siliana, à environ 130 kilomètres au sud de Tunis (Tunisie), le 11 janvier 2018. (FAOUZI DRIDI / AFP)